Nicolas Sarkozy prône la fermeté à Calais

SANS FIORITURE - Lors de son déplacement à Calais mercredi 21 septembre, l’ancien président a déclaré vouloir rétablir le "contrôle systématique à toutes les frontières", critiquant "l’impuissance de l’Etat" dans ce dossier

Nicolas Sarkozy ne veut pas d’une France "submergée" par les migrants. C’est ce qu’a déclaré l’ancien chef de l’Etat en visite à Calais, ce mercredi. Il était accompagné de la maire de la ville, Natacha Bouchart, et de Xavier Bertrand, président de la région des Hauts de France. 


La candidat à la primaire de la droite n'avait pas prévu de se rendre dans le camp. Il a donc visité le port de Calais, emprunté par de nombreux camions en route pour Douvres. Il a ensuite assisté à l'Hôtel de ville à une réunion avec des professionnels (policiers, hôtellerie, transporteurs routiers...) et des riverains du camp de la "Jungle" qui ont fait part de leur exaspération face à la crise migratoire. 

La bataille commence à VintimilleNicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy en a donc profité pour rappeler sa position ferme au sujet de la jungle. "La question est d'éviter que la France ait des frontières qui soient des passoires et qu'on se trouve submergé de migrants, donc la bataille commence à Vintimille (dernière ville italienne avant la frontière française, ndlr)" a t-il lancé. Volontariste comme à l'accoutumée, l'ancien président souhaite rétablir "le contrôle systématique à toutes les frontières", car selon lui, l'espace Schengen "n'existe plus".

En vidéo

Nicolas Sarkozy : "Calais n'est pas un problème de solidarité"

Renégocier les accords du Touquet

Il a également affirmé vouloir "renégocier les accords du Touquet" qui, d'après lui, fait des Français "les douaniers des Anglais". Pourtant, en 2003, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, c’est Nicolas Sarkozy, lui-même, qui a signé ce texte qui régit les contrôles aux frontières du Royaume-Uni en France.


C'est d'ailleurs parce qu'il considère que les Anglais doivent prendre leurs "responsabilités" qu'il a réitéré sa proposition de "centre de traitement en Grande-Bretagne pour l'entrée des réfugiés". Début septembre, il avait déjà évoqué cette mesure, en indiquant que la plupart des migrants de Calais sont candidats à l’immigration britannique.  

La jungle sur le territoire de la République, symbole caricatural de l'impuissance de l'EtatNicolas Sarkozy

Après son déplacement à Calais, Nicolas Sarkozy s'est rendu à Tourcoing pour une séance de dédicaces de son livre Tout pour la France. A cette occasion,  il est revenu sur le dossier calaisien en critiquant le gouvernement. Calais "est un scandale", a-t-il affirmé avant d'ajouter que " la jungle sur le territoire de la République" était un "symbole" "caricatural de l'impuissance de l'Etat". 


Un peu plus tôt dans la journée, il s'était également exprimé au sujet du plan Cazeneuve de répartition des réfugiés dans les différentes régions françaises : "Ce n'est pas un problème de solidarité [...] La question n'est pas de vider la Jungle et de la mettre dans mille, cent ou dix endroits !" Alors que la campagne pour la primaire de la droite a officiellement commencée avec la validation des candidatures, Nicolas Sarkozy a souhaité marquer le coup et réaffirmer sa fermeté sur le dossier calaisis. Car on le sait, l'immigration et la sécurité sont ses deux thèmes de prédilection dans la course à la présidentielle de 2017.

En vidéo

Nicolas Sarkozy : "la jungle sur le territoire de la République, symbole le plus caricatural de l'impuissance de l'Etat"

Jeudi 22 septembre, Manuel Valls a répondu à Nicolas Sarkozy en appelant à "éviter toute déclaration à l'emporte-pièce" sur la question des migrants. "Je souhaite que mon pays fasse la démonstration qu'il est capable d'accueillir 9.000 - je ne parle pas d'un million, de 100.000, de 50.000 - 9.000 réfugiés de Calais (...) qui fuient la guerre de la Syrie ou en Irak », a-t-il déclaré. 

En vidéo

Manuel Valls estime que la France est en mesure d'accueillir (seulement) 9 000 migrants

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Le démantèlement de la "Jungle" de Calais

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter