Nicolas Sarkozy sur France 2 : "Comparer la République à l'apartheid, c'est une faute"

Politique

POLITIQUE – Invité du JT de France 2 ce mercredi soir, le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, a suggéré un certain nombre d'idées pour faire face à la menace terroriste. Et en a profité pour lancer une pic à Manuel Valls.

C'est en tant que président de l'UMP que Nicolas Sarkozy était invité ce mercredi soir au JT de France 2. Face à David Pujadas, les téléspectateurs auront eu sans doute d'avantage l'impression de voir derrière leur écran un ancien président de la République et surtout un ancien ministre de l’Intérieur.
Voici quelques unes des idées suggérées à l'antenne par le chef de l'opposition.

Une "réponse calibrée" face à la menace terroriste : "Je crains que la menace soit encore présente pendant longtemps. C'est une guerre, c'est notre civilisation qui est en cause", a dit Nicolas Sarkozy. " Il nous faut donc calibrer la réponse à ce qu'il s'est passé en fonction du diagnostic que nous posons. Sur les deux dernières années, nous sommes passés de quelques djihadistes à des centaines de djihadistes. La menace est permanente... "

Des heures sup' pour les policiers : Selon le président de l'UMP, les procédures budgétaires et les procédures de recrutement de fonctionnaires supplémentaires annoncées et nécessaires prendront entre "2"et "5 ans" notamment du fait des formations. Beaucoup trop long pour l'ancien ministre de l’Intérieur. Pour répondre à la problématique, Nicolas Sarkozy suggère "le rétablissement des heures supplémentaires dans la police et dans les services de renseignements." "Les syndicats sont tous d'accord" a-t-il déclaré après les avoir consultés ce mercredi matin. "Grâce à ces heures supplémentaires, on peut avoir 4000 équivalent temps plein de plus tout de suite" selon les calculs du président de l'UMP.

Revoir le cadre juridique : Pour Nicolas Sarkozy, il est impensable qu'aujourd'hui les services de renseignements ne puissent pas obtenir "le nom d'une personne titulaire du compteur EDF d'un appartement", si ce n'est pas dans le cadre d'une "procédure judiciaire". Idem pour l'installation d'une balise sur un véhicule suspecte, la géolocalisation d'un portable ou la mise sur écoute des proches des suspects... Pour lui, les services de renseignements doivent être "en amont d'une procédure judiciaire, sans l'intervention d'un juge pour trouver les risques et les conjurer".

Création de centres de déradicalisation  : Nicolas Sarkozy a suggéré que soit retirée la "nationalité française aux djihadistes binationaux qui partent à l'étranger pour détruire la France, ses valeurs et ses compatriotes pour qu'il n'ait plus à revenir sur le territoire". Il a également proposé que soient créés "des centres de déradicalisation" par lesquels devraient passer les djihadistes après la case prison "pour être assuré qu'il est prêt à vivre en liberté dans la société française".

Expulsion de certains imams : "On est sur le fil du rasoir parce que les musulmans de France ne supportent pas l'idée de l'amalgame. Ils ont été horrifiés parce qu'il s'est passé (...). La question de l'islam et de la laïcité, elle est clairement posée" a estimé Nicolas Sarkozy. Et d'ajouter : "Ça fait 15 ans maintenant que la question qui est posée c'est 'qu'est ce que la République est prête à faire pour l'islam'. Aujourd'hui, la seule question qui se pose c'est qu''est ce que l'islam est prêt à faire pour s'intégrer dans la République. Nous voulons un islam de France et pas un islam en France". "Quand un imam ne défend pas les valeurs qui sont les nôtres, il faut que l'on puisse l'expulser du pays. S'ils sont français, l'incitation à la haine ou la complicité à la préparation d'actes terroristes, c'est la prison".

Sur "l'apartheid" de Manuel Valls : "Je suis consterné par cette expression" a dit Nicolas Sarkozy. " Comparer la République française à l'apartheid , c'est une faute".

Sur les dérives des jeunes à l'école : Pour les jeunes qui n'ont pas respecté la minute de silence, le président de l'UMP "souhaite que l'on convoque toutes les familles pour demander ce qu'il s'est passé (...) La sanction doit être immédiate".

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