Nicolas Sarkozy titillé par un syndicaliste : France 2 lui a-t-il coupé le micro ?

Nicolas Sarkozy titillé par un syndicaliste : France 2 lui a-t-il coupé le micro ?
Politique

SIFFLET COUPE - Alors que Nicolas Sarkozy se retrouvait sans contradicteur pour son débat sur Des paroles et des actes jeudi soir, des citoyens ont été appelés à lui poser des questions. L’ex chef de l’Etat s’est prêté à l’exercice. Mais quand un syndicaliste le titille… son micro se retrouve coupé. Selon France 2, il ne s'agirait que d'un "bug".

MISE À JOUR - Suite à cet article, France 2 a contacté metronews pour donner sa version de la coupure de micro dont a été victime le syndicaliste qui échangeait avec Nicolas Sarkozy. Selon la chaîne, il ne s'agit pas d'une censure mais d'un "bug technique". Plus précisément, c'est de "un problème d'interphase de micro" qui aurait empêché le syndicaliste de donner la réplique au patron des Républicains. Par la suite, dit France 2, Karl Ghazy n'a pas été relancé car "il était déjà au maximum de son temps de parole", soit 13 minutes.

Pour débattre avec Nicolas Sarkozy, encore faut-il avoir un micro qui fonctionne. Karl Ghazy, un syndicaliste qui faisait partie du panel de citoyens venus interroger l'ancien chef de l'Etat, en a fait l'expérience jeudi soir dans l'émission Des paroles et des actes

Avant, Nicolas Sarkozy avait échangé avec le gérant d’un bar-épicerie dans un village du Médoc qui hésite à voter Front national, une mère de trois enfants dont une fille est partie en Syrie, une institutrice qui a recueilli un migrant chez elle, une juriste sans emploi, et le chef d’une PME.

Deux chefs d'entreprise, cinq minutes pour le syndicaliste

Arrive Karl Ghazi, secrétaire de la CGT Commerce, et grand adversaire du travail dominical. Premier hic : il ne lui reste plus que cinq minutes, le prévient-on. "C’est un petit peu court, pour un échange, car ce serait bien qu’on parle un peu du fond”, dit le syndicaliste, tandis que David Pujadas le presse : "Allez-y, allez-y".

Le syndicaliste commence donc à parler, évoquant la "cohérence" de Nicolas Sarkozy dans sa volonté d’imposer le travail le dimanche et "casser" la réglementation du travail. Et rappelle que l'ex-chef de l'Etat a participé à la loi qui créait les premières exceptions, puis "a fait semblant d’en découvrir les effets des années après. Il veut assouplir le code du travail, alors assouplir, ça veut dire démolir." En face, l’ex-chef de l’Etat sourit, ronge son frein.

La "réalité douloureuse" de l'ex président Sarkozy

Et David Pujadas essaie d’écourter un peu la tirade, Nicolas Sarkozy de s'en tirer par une boutade, mais le syndicaliste en remet une couche : "On peut parler du fond ? Ma question, c’est que les recettes que vous proposez sont déjà expérimentées en France depuis les années 1980, et que le chômage n’a cessé d’augmenter." Un gong retentit sur le plateau, Karl Ghazi poursuit. "Ce que vous proposez aujourd’hui, c’est que ça n’a jamais marché. Alors pourquoi cette persistance ?"

 

A question directe, réponse très floue. Nicolas Sarkozy explique qu’il est "heureux de dialoguer", qu’il "aime les gens engagés". "Vous le faites avec humour et en matière de CGT, j’ai rencontré pire." Puis recommence à expliquer que "nous ne travaillons pas assez, nos dépenses publiques sont trop lourdes, nous devons travailler davantage et supprimer des contraintes." Karl Ghazi n’est pas d’accord et sait le dire : "Il faut vous rappeler une réalité douloureuse, mais, jamais, sous la Ve république, le chômage n’a autant augmenté que sous votre quinquennat. Vous êtes fâché avec les chiffres, on le sait . 900.000 chômeurs de plus sous votre quinquennat, et vous venez nous dire aujourd’hui ce qu’il faut faire !"

Réaction de Ghazi, mais hors micro

Là encore, Nicolas Sarkozy contourne l’écueil : "Vous êtes un Français qui vient m’interroger, je n’ai pas tout à fait l’intention d’être discourtois", rappelle que François Hollande aussi perd des emplois, avant d’enchaîner sur les syndicats qui sont mieux en Allemagne "car en France ils sont trop politisés". En face, Karl Ghazi réagit : "Je suis en train de lui parler de ses finances, vous me répondez politique politicienne ! Je ne comprends pas que vous essayiiez de faire croire aux Français que vous avez changé, en disant en permanence des contre-vérités sur ce qui se passe en France !"

Alors que Sarkozy reprend, on entend comme un murmure à la télévision. C’est en fait Karl Ghazi, énervé, qui essaie de protester. Mais on ne l’entend pas. Son micro est coupé. Laissant Nicolas Sarkozy finir son histoire, racontant comment, chez Virgin, il a rencontré une jeune étudiante, qui lui a dit qu’en effet elle était contente de travailler le dimanche, "car c’était pas plus long qu’un lundi, mais c’est payé le double". Et il finit, sans contradicteurs. Et sans avoir abordé le fond du sujet.

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