Nombre de SDF dans les rues : Louis Gallois dénonce les propos "insupportables" du secrétaire d'Etat Julien Denormandie

Politique
DirectLCI
SANS-ABRI - Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, a déploré dans une interview au JDD "une volonté politique de minorer le nombre de SDF". Julien Denormandie, secrétaire d'Etat à la Cohésion des Territoires visé par ces critiques, ne manquera pas d'y répondre lors du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro ce dimanche midi.

Le gouvernement sous-estime-t-il volontairement le nombre de sans-abri qui dorment dans les rues en région parisienne ?  Dans une interview au JDD ce dimanche, Louis Gallois le laisse entendre et dénonce même "une volonté politique de minorer le nombre de SDF."  

Président de la Fédération des acteurs de la solidarité qui réunit près de 900 associations engagées dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion et gère 80 à 90% des centres d’hébergement, Louis Gallois a même qualifié d'"insupportables", les propos de Julien Denormandie, le secrétaire d'Etat à la Cohésion des Territoires. Ce dernier avait assuré le 30 janvier qu'"une cinquantaine" d'hommes avaient dormi dehors la nuit précédente en Ile-de-France.

"Aucun Parisien ne peut donner foi à de telles déclarations. Il suffit de suivre une mauraude ou de regarder les campements porte de la Chapelle" a-t-il déclaré au JDD. Selon lui, le SAMU Social de Paris estime à 2.000 à 3.000 le nombre de personnes "durablement à la rue" dans la capitale française. Il a précisé qu'un comptage sera effectué jeudi prochain par des bénévoles. "On verra bien quel est le chiffre." 


Louis Gallois est aussi revenu sur les propos du député LREM Sylvain Maillard, pour qui la majorité des SDF choisit de dormir dehors. "Ces cas restent marginaux. En faire une règle générale, c'est extrêmement choquant" a-t-il déclaré.

En vidéo

Des applications pour aider les sans-abri

Pour Louis Gallois, les préfets se sentant "liés" par la promesse d'Emmanuel Macron que plus personne ne vive dans la rue fin 2017 ont tendance à exclure certaines personnes des statistiques,  commes les célibataires, les personnes vivant sous des tentes ou certains étrangers. "Plutôt que de fixer un délai irréaliste et d'amener les préfets à faire de l'équilibrisme pour dégager des chiffres cohérents avec la promesse présidentielle, mieux vaut entreprendre un travail de fond, qui traite les problèmes des personnes à la rue, en campement, sous la tente, dans les squats" estime l'ancien président de la SNCF et d'EADS.

Du positif : le développement des places d'hébergement

"Cette affaire de comptage, très choquante, vient polluer quelque chose de positif : le développement des places d'hébergement" ajoute-t-il. "Au total, nous sommes passés de 131.300 (places pérennes et temporaires) en janvier 2017 à 145.800 cet hiver, sans compter le plan grand froid et ses mille places. Soit une hausse de 11%. C'est significatif même si cela reste insuffisant."


Les pouvoirs publics ont annoncé mercredi l'ouverture de mille places supplémentaires d'hébergement d'urgence, dont 650 en Ile-de-France.  

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter