Nommé Premier ministre, Bernard Cazeneuve, le Hollandais express

Politique
PORTRAIT - Au lendemain de sa candidature à la primaire de la gauche, Manuel Valls a remis sa démission. C'est Bernard Cazeneuve qui a été nommé Premier ministre mardi matin. Retour sur son ascension fulgurante.

Bernard Cazeneuve a été nommé Premier ministre en remplacement de Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche. Illustre inconnu au niveau national il y a encore cinq ans, ce dernier attaque pourtant sa vingtième année en politique. Méconnu avant son arrivée au gouvernement, sa loyauté et son profil couteau suisse auprès de François Hollande auront fait le reste.

De député-maire à ministre

Député pour la première fois en 1997, maire de Cherbourg entre 2001 et 2012, cet avocat de formation rentre en politique en tant que proche de Laurent Fabius, avec qui il défend le "non" au référendum sur la Constitution européenne en 2005. Ses responsabilités d'élu le confronteront à l'affaire Karachi, où onze employés cherbourgeois perdront la vie lors d'un attentat, en 2002.


Resté sagement neutre lors de la primaire de 2011, il est nommé porte-parole du vainqueur, François Hollande. Pro-nucléaire, il négocie pied à pied les accords électoraux avec les écologistes, en sanctuarisant notamment le chantier EPR à Flamanville et l'usine de retraitement des déchets dans le département. Une inflexibilité qui l'envoie aux Affaires européennes, auprès de son ancien mentor Laurent Fabius.


Le reste de son ascension, Bernard Cazeneuve (53 ans) le doit en partie aux circonstances. Si Jérôme Cahuzac, accusé de fraude fiscale, n'avait pas démissionné, laissant vacant le poste de ministre du Budget, l'histoire du quinquennat l'aurait-elle amené aussi loin ? Même chose quand, quittant Bercy, il toque à la porte du ministère de l'Intérieur, en remplacement d'un Manuel Valls envoyé à Matignon, après la défaite retentissante du Parti socialiste aux élections départementales et municipales. Un choix qui déroutera les professionnels du milieu, tant Bernard Cazeneuve n'est pas connu pour ses appétences sécuritaires.

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Les multiples épreuves traversées sous le quinquennat auront donné à Bernard Cazeneuve une exposition particulièrement élevée dans les médias. De la mort de Rémi Fraisse à Sivens - dont la responsabilité lui a été imputée par les proches du jeune homme - aux attentats qui ont frappé le pays entre janvier 2015 et juillet 2016, sans oublier les multiples épisodes de violences entre policiers et opposants à la loi Travail, ce quinquagénaire à l'allure austère sera régulièrement monté au front pendant ses plus de deux ans et demi d'exercice à Beauvau.


Sobre dans son expression quand ses prédécesseurs étaient plus connus pour leurs coups d'éclat, celui qui a développé une relation de confiance avec François Hollande s'est toujours placé en adéquation avec la ligne gouvernementale. Le voilà désormais numéro 1 du gouvernement.

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JT 13H - Bernard Cazeneuve, Premier ministre : une ascension fulgurante au fil du quinquennat Hollande

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