Non, les soignants de l'hôpital de Poissy n'ont pas tourné le dos à Macron en signe de contestation

Non, les soignants de l'hôpital de Poissy n'ont pas tourné le dos à Macron en signe de contestation

MANIPULATION - Des images du personnel soignant de l'hôpital de Poissy/Saint-Germain-en-Laye tournant le dos à Emmanuel Macron ont massivement circulé sur les réseaux sociaux ce mercredi. Auprès de LCI.fr, l'établissement parle d'une "instrumentalisation".

On ne le rappellera jamais assez : une image sortie de son contexte peut conduire à une mauvaise interprétation. C'est ce qu'il s'est passé mercredi 17 mars. Lors de sa visite au centre hospitalier de Poissy/Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines, le président de la République a longuement échangé avec le personnel d'un service de réanimation. Un dialogue évidemment capturé par les caméras de la presse, qui suivaient le déplacement. Mais alors qu'Emmanuel Macron s'adressait aux soignants, deux d'entre elles l'écoutaient de dos. Une attitude interprétée par certains comme un signe de contestation.

Toute l'info sur

L'info passée au crible

Les Vérificateurs, une équipe de fact-checking commune aux rédactions de TF1, LCI et LCI.fr

Une posture liée "à la configuration des lieux"

De nombreuses figures, de gauche comme de droite, se sont emparées de ces images, censées appuyer le mécontentement de ces soignantes, qui aurait délibérément tourné le dos au chef de l'État. Entre autres exemples, Julien Bayou (EELV), qui a publié la séquence en félicitant les infirmières de leur "courage" et leur "stoïcisme". Même discours porté par Isabelle Balkany (LR), qui n'a pas manqué d'adjectifs pour décrire ces soignants "muets, ivres de fatigue et d'exaspération" face à la "guest star". Mais si ces élus ont voulu défendre ces travailleurs fatigués par un an d'épidémie, cette polémique a plutôt eu l'effet inverse.

Auprès de LCI.fr, l'établissement a en effet fait savoir que cette "mise en scène" des soignantes faites par les internautes les avait au contraire "blessées". "Ce n'était absolument pas un geste de contestation, la posture est simplement liée à la configuration des lieux", assure l'hôpital, étonné des proportions que prend cette affaire. On nous explique qu'en réalité, les deux soignantes étaient à ce moment-là "missionnées pour répondre aux appels des malades ou des proches", et qu'elles se devaient donc de rester proches du bureau d'accueil. Or, comme cette visite a duré "près de 45 minutes", les jeunes femmes ont "modifié leur posture à mesure que les soignants ou le président de la République s'exprimaient". 

Une fois le plan élargi, une vingtaine de soignants font face au président

Karl Olive, le maire de Poissy, s'est lui aussi montré outré par cette polémique. Présent lors de cette visite, l'élu de droite a expliqué ce jeudi matin sur RTL que "les infirmières en question" avaient "pris sur leur temps de repos pour venir échanger" avec le chef de l'État. Décrivant une interprétation "totalement erronée" des événements, il a conseillé de faire "un plan large". 

Lire aussi

De fait, pour comprendre le contexte, il faut prendre un autre angle. Les photos prises par l'AFP, d'un autre point de vue, comme celle ci-dessous, permettent en effet de se rendre compte qu'à certaines occasions, ces femmes se tournaient vers le chef de l'État pour l'écouter.

Pourquoi cette posture assise sur le bureau ? La séquence complète permet de se rendre compte qu'elles font en réalité face à un groupe bien plus large. Devant elles, une vingtaine de soignants qui, eux aussi, avaient les yeux rivés sur le locataire de l'Élysée et le ministre de la Santé. 

Vous souhaitez nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lesverificateurs@tf1.fr 

La politique vous intéresse ? Découvrez la version podcast de l'Interview Politique de Jean-Michel Apathie

Écoutez ce podcast sur votre plateforme d'écoute préférée !

Chaque matin Jean-Michel Apathie reçoit des invités politiques de premiers plans pour les interroger sur des questions d’actualité. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

"Aujourd’hui, je me dis : plus jamais" : ces infirmières qui, après un an de Covid, ont rendu leur blouse

EN DIRECT - Covid-19 : Castex suspend "jusqu'à nouvel ordre" les vols entre le Brésil et la France

EXCLUSIF - Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, sort du silence ce soir sur TF1

Une personne tuée et une blessée devant un hôpital du 16e arrondissement de Paris, le tireur en fuite

"Sofagate" : la mise en garde d'Ursula von der Leyen à Charles Michel

Lire et commenter