Notre-Dame-des-Landes jouera-t-il sur la législative partielle en Loire Atlantique ?

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LEGISLATIVE PARTIELLE – Les électeurs de Loire-Atlantique doivent élire dimanche le député qui reprendra le siège de Jean-Marc Ayrault. Un scrutin forcément marqué par le chantier du nouvel aéroport, qui divise les électeurs.

La gauche peut-elle s'épargner une nouvelle défaite électorale ? Dimanche, les électeurs de la 3e circonscription de Loire-Atlantique sont appelés à élire le député qui remplacera Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée Nationale après la nomination de ce dernier au poste de ministre des Affaires étrangères. Et si le PS est sorti en tête du premier tour, les très nombreux abstentionnistes le week-end dernier et la question de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes pourraient faire basculer le scrutin.

Dans une circonscription aux mains de la gauche depuis 40 ans, la candidate socialiste Karine Daniel a rassemblé 30,41 % des suffrages, loin devant son adversaire UDI/MoDem/Les Républicains Matthieu Annereau (23,54 % des voix). Derrière eux, Jean-François Tallio, le candidat d'Europe Ecologie – Les Verts est arrivé troisième avec 17,05 % des voix, le Front National terminant quatrième (11,05 %). Avantage au PS, donc, même s'il convient de tempérer : en 2012, Jean-Marc Ayrault avait été réélu dans un fauteuil, réunissant dès le premier tour 56,21 % des suffrages.

"Il y a forcément un effet Notre-Dame-des-Landes"

Le recul de la gauche s'explique d'abord par la chute de popularité de l'exécutif, dont la loi Travail a été très mal reçue dans l'opinion publique. Mais la circonscription est aussi marquée par sa proximité avec Notre-Dame-des-Landes, dont le projet de construction d'aéroport divise profondément les électeurs. Le lancement du chantier doit faire l'objet, le 26 juin, d'un référendum local censé apaiser les tensions après de nombreux mois de confrontations entre opposants au projet et forces de l'ordre.

EELV, contrairement au PS, s'oppose à la construction du nouvel aéroport. La prise de position lui a été favorable dimanche dernier, le parti rassemblant jusqu'à 33 % des voix dans les communes les plus proches."Il y a forcément eu un effet Notre-Dame-des-Landes" sur ce scrutin, admet d'ailleurs Jean-François Tallio, qui estime toutefois que "ce n'est pas l'alpha et l'oméga de cette campagne". En vue du second tour, le candidat a refusé de se rallier au PS, ce qui pourrait coûter de nombreuses voix à la candidate de la gauche.

Trois électeurs sur quatre ne se sont pas rendus aux urnes

Au vu des résultats du premier tour, le report des voix peut encore jouer en faveur de Karine Daniel, ce qui accorderait aux socialistes une victoire importante à l'approche de l'élection présidentielle. Mais l'abstention peut encore faire basculer le scrutin dans un sens ou dans l'autre : dimanche dernier, trois électeurs sur quatre ne se sont pas rendus aux urnes. Un total de 40.000 voix qui ne se sont pas exprimées, alors que les deux premiers candidats en ont obtenu, à eux deux, tout juste 11.000.

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