Vaccination en Seine-Saint-Denis : "Le dispositif passe à côté de la cible prioritaire", estime Clémentine Autain

Vaccination en Seine-Saint-Denis : "Le dispositif passe à côté de la cible prioritaire", estime Clémentine Autain

INTERVIEW - Sur le plateau de LCI, la députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis a critiqué la stratégie vaccinale mise en place par le gouvernement et estime que le dispositif n'est pas "approprié" dans son département.

La Seine-Saint-Denis est le département le plus touché par la crise sanitaire. Le taux d'incidence y est trois fois supérieur à la moyenne nationale, s'élevant à 405 cas pour 100.000 habitants. Alors que trois millions de personnes ont reçu la première injection en France, des élus estiment que le compte n'y est pas en termes de doses du précieux sérum contre le Covid-19. Sur le plateau de LCI, la députée LFI du département s'est exprimée sur la stratégie d'immunisation opérée par l'exécutif. "Nous avons des doses, le problème, c'est comment elles sont administrées", explique-t-elle au micro de Jean-Michel Aphatie.  

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Dans le viseur de Clémentine Autain ? La prise de rendez-vous sur la plateforme Doctolib qui constituerait, selon elle, un frein à la vaccination pour la population de son département. "Le nombre de doses est correct selon la préfecture, mais pour prendre un rendez-vous, il faut maîtriser un outil informatique. Et nécessairement, certains publics disposent d'un accès plus facile que d'autres à ces rendez-vous ", souligne la députée. L'élue souligne que dans les salles d'attente des centres de vaccination de Seine-Saint-Denis, on trouve bon nombre de patients qui habitent dans les départements voisins, dont Paris.

En d'autres termes, les injections seraient mal réparties sur le territoire à cause "d'un dispositif" qui ne serait pas "approprié si l'on veut toucher prioritairement le monde populaire - ce qui nous arrive en Seine-Saint-Denis." Selon Clémentine Autain, "on passe à côté de la cible prioritaire." La députée de Seine-Saint-Denis prend aussi l'exemple de Montreuil où elle dit avoir visité un vaccinodrome prévu par la mairie. "Les équipes étaient prêtes, mais il n'y avait pas les doses", souligne-t-elle. Le 25 février, Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis avait lancé un appel pour obtenir davantage de vaccins, estimant au micro de RTL que le "compte n'y était toujours pas". 

Il n'y a pas de pilote dans l'avion- Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis

Sur la question du nombre de doses disponibles, la députée de la France Insoumise a déploré qu'il n'y ait pas "de maîtrise publique de la production." Clémentine Autain critique la suppression de 1700 postes annoncée par le groupe pharmaceutique Sanofi "au moment où nous avons besoin d'avoir des entreprises solides capables de trouver un vaccin en France, mais aussi de les diffuser". 

Selon cette femme politique, la solution est la suivante : "Il faut réquisitionner les entreprises et produire massivement ce vaccin". Interrogée sur la question de la vaccination obligatoire pour les soignants, celle qui se porte candidate aux régionales en Ile-de-France a déclaré qu'elle n'y était pas favorable. Tout comme elle s'oppose à un reconfinement le week-end dans son département mentionnant les conséquences économiques et sociales qui en découleraient. 

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Par ailleurs, Clémentine Autain a tiré à boulets rouges sur la stratégie vaccinale mise en place par l'exécutif. "C'est la faute du gouvernement français si l'on vaccine beaucoup moins que nos voisins européens", estime-t-elle. Elle a aussi été très critique à l'égard de la communication gouvernementale. "Jean Castex nous montre des courbes improbables, c'est le mensonge qui domine (...) Il n'y a pas de pilote dans l'avion", conclut-elle. 

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