"Nous avons été élus pour nos compétences et non notre honnêteté" : ces fausses citations de Sibeth Ndiaye qui alimentent les réseaux sociaux

"Nous avons été élus pour nos compétences et non notre honnêteté" : ces fausses citations de Sibeth Ndiaye qui alimentent les réseaux sociaux
Politique

A LA LOUPE - Depuis son arrivée au gouvernement, la porte-parole Sibeth Ndiaye est devenue une cible privilégiée sur la Toile. Attention, de nombreuses citations qui lui sont attribuées sont en réalité des inventions tirées de sites parodiques.

Alors que de nombreux Français sont vent debout contre la réforme des retraites, l'affaire Delevoye n'a pas arrangé les affaires du gouvernement. La démission du haut commissaire aux retraites n'a pas calmé la colère à l'encontre de l'exécutif et les critiques à son encontre pleuvent encore, notamment sur les réseaux sociaux. 

Du côté du gouvernement, on tente d'apaiser les choses. "Le haut-commissaire a lui-même reconnu qu'il avait fait une erreur, il a eu raison de le reconnaître, a indiqué le Premier ministre face aux députés, il a eu raison d'en tirer les conséquences." S'ils soulignent tous son erreur, les marcheurs estiment que Jean-Paul Delevoye était de "bonne foi". Un discours qui passe mal et qui a donné lieu à de nombreux détournements.

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"Afin de calmer la polémique qui enfle, Mme Sibeth Ndiaye a voulu apaiser les Français avec ces quelques mots : 'Nous assumons les faits reprochés à M. Delevoye et à tous les autres, cependant, nous avons été élus pour nos compétences et non notre honnêteté'", peut-on lire dans un post Facebook partagé près de 2000 fois.

Cette citation a été largement reprise sur les réseaux sociaux, sans en citer la source. On la retrouve en premier lieu dans un article de DeSourceSure.info, un site parodique, en date du 9 décembre. Sur son site internet, ce média explique clairement : "DeSourceSure.info est un site à vocation humoristique et parodique. Il est parti d'une idée simple : Faire rire les gens en ces temps pas toujours roses. Toute info se révélant vraie ou approchant de la réalité ne serait qu'une pure coïncidence."

Sibeth Ndiaye n'a donc jamais dit cette phrase, mais de nombreux internautes ont pris cette satire au premier degré. "Celle-là n’en rate pas une", peut-on lire en ligne, ou encore "Elle a une franchise qui dépote !".

Il ne s'agit pas de la seule citation attribuée à tort à la porte-parole du gouvernement.

Parodies en série

Toujours à propos de la démission du haut commissaire, Sibeth Ndiaye aurait également déclaré : "Je pense que les Français pourraient s'inspirer de M. Delevoye qui, à 72 ans, travaille et cumule 4 emplois." Là encore, la citation en question est une invention d'un compte parodique.

Présent sur Twitter - où il comptabilise plus de 67.000 abonnés - et Facebook, "Le Journal de l'Elysée parodie" publie de fausses informations pour se moquer de la classe politique, ou en dénoncer ses travers. Le post à l'origine de la fausse citation de Mme Ndiaye enregistre depuis le 14 décembre, près de 3000 "likes". Comme c'est le cas régulièrement, ces faux propos ont par la suite été partagés sans en préciser la source. Notons également que la mise en exposant du terme "parodie" ne facilite pas forcément la compréhension du lecteur.

Si la secrétaire d'état est une cible de choix de ces sites parodiques, c'est qu'elle cristallise les critiques envers la classe politique. Son franc-parler, et parfois des propos jugés maladroits, lui ont déjà valu les foudres de l'opinion. L'illustration choisie par "Le journal de l'Elysée parodie" n'est d'ailleurs pas anodine. 

On retrouve Sibeth Ndiaye au micro de BFMTV, commentant la grève RATP, comme le signale le bandeau en bas de l'écran. Il s'agit là d'un clin d'oeil à une - vraie - sortie de la porte-parole adressée aux usagers du métro francilien le 12 septembre dernier. "Demain matin, j'utiliserai ma voiture de fonction, comme tous les jours, donc je serai de cœur avec tous les Franciliens qui galéreront dans les couloirs du métro", avait-elle déclarée. 

Quelques jours plus tard, elle s'expliquait sur France Info : "Je ne vais pas dire aux Français qu'un jour de grève, les ministres du gouvernement empruntent les transports en commun parce que c'est faux. En revanche, j'ai été nommée le 31 mars. Jusqu'au 31 mars, et toute ma vie, j'ai utilisé mes deux pieds, un bus et un métro", ajoutait-elle, en assurant qu'une fois relevée de ses fonctions, elle "(emprunterait) à nouveau les transports en commun".

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