"Nous l'avons vécu" : trois députées LFI et LaREM montent au front pour l'allongement de l'IVG à 14 semaines

La députée LFI Clémentine Autain.
Politique

TÉMOIGNAGES - Les députés ont adopté jeudi 8 octobre l'article 1 d'une proposition de loi permettant de rallonger le délai de l'IVG de 12 à 14 semaines. A la tribune, Clémentine Autain (LFI), Emilie Chalas et Aurore Bergé (LaREM) ont évoqué leur expérience personnelle pour appuyer la réforme.

Elles ont durci le ton face aux opposants à l'IVG. Trois députées, Clémentine Autain (LFI), Emilie Chalas et Aurore Bergé (LaREM) sont montées au front, jeudi 8 octobre à la tribune de l'Assemblée nationale, pour défendre la proposition de loi visant à prolonger le délai de recours à l'IVG de 12 à 14 semaines - une mesure adoptée par les députés. Elles répondaient à des amendements issus de la droite et de l'extrême droite visant à rendre, au contraire, le recours à l'IVG exceptionnel ou à valoriser des alternatives. 

Répondant à la députée de l'Hérault Emmanuel Ménard, qui estimait que certaines femmes avaient été contraintes de recourir à l'avortement et de le vivre comme "un drame", faute d'alternative proposée, Clémentine Autain a évoqué son expérience personnelle. "Personne ici ne force les femmes à avorter", a lancé la députée LFI de Seine-Saint-Denis. "Non seulement je parle avec des femmes qui ont avorté, mais j'ai moi-même avorté. Le moment de détresse, je l'ai ressenti à quel moment ? C'est le jour où je suis allée chez le gynécologue et qu'on m'a expliqué qu'il n'y aura peut-être pas de place à temps pour que je puisse avorter dans les délais."

"Pour permettre justement qu'un certain nombre de femmes ne le vivent pas comme un drame, il faut non seulement que nous cessions de les culpabiliser, mais aussi que nous donnions les moyens dans notre pays pour qu'elles puissent le faire dans des conditions dignes", a-t-elle conclu. 

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"Arrêtons de culpabiliser les femmes"

A sa suite, la députée LaREM de l'Isère Emilie Chalas a témoigné à son tour en dénonçant la culpabilisation des femmes qui avortent, 45 ans après la loi défendue par Simone Veil. "Je suis née de parents communistes. Je suis toujours stupéfaite de la nature des débats en 2020 sur l'IVG, moi qui ai grandi dans l'idée que c'était un droit et que c'était normal.

"Chacun dans cet hémicycle y va de son  : 'C'est un sujet grave, un choix douloureux, une détresse'", a-t-elle poursuivi. "Ce n'est pas le cas pour toutes les femmes que j'ai rencontrées et qui ont choisi d'avorter, et dont je fais partie. Elles le font en conscience, en liberté, et se sentent coupables de ne pas se sentir en situation de drame... Arrêtons de culpabiliser les femmes qui avortent."

"Nous sommes dans cet hémicycle un certain nombre de femmes à avoir eu recours à l'avortement et nous n'attendons ni compassion, ni commisération. Les entraves continuent dans ce pays", a déploré à son tour la députée LaREM des Yvelines Aurore Bergé. 

"Nous avons vécu nous-mêmes, parfois, des entraves à l'IVG, nous avons vécu des délais qui étaient trop longs, nous avons connu des médecins qui nous ont obligées à écouter les battements du cœur", a témoigné la députée. "Nous l'avons vécu et nous ne voulons pas que, dans notre pays, des femmes continuent à le vivre."

En avril 1971, dans "le manifeste des 343" publié par Le Nouvel Observateur, 343 femmes avaient cosigné un texte sous le titre "Je me suis fait avorter", à une époque où l'avortement était encore illégal. Elles avaient ainsi contribué à relancer le débat qui avait conduit à la loi de 1975.

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