"Nous sommes préparés à un no-deal" : Nathalie Loiseau, invitée politique de la matinale de LCI

Politique

INTERVIEW POLITIQUE - La députée européenne La République en marche était l'invitée d'Elizabeth Martichoux, lundi 21 octobre, sur LCI.

Brexit J-10

"Trois ans plus tard, tout est devenu flou." Voilà l’analyse de Nathalie Loiseau de la situation au Royaume-Uni, à dix jours de la sortie prévue de l’Union européenne. "Maintenant qu’il faut passer à l’acte, tout le monde a peur", a-t-elle estimé. "Il n’y a pas de bon Brexit", a affirmé la députée européenne LaRem, qui a avoué ne pas savoir "si les Britanniques vont réussir à voter cet accord", celui-ci étant, a-t-elle estimé, "le seul accord possible". 

"Acheter du temps, pour quoi faire ?", a questionné Nathalie Loiseau en référence au désaccord entre la France et l'Allemagne quant à la possibilité de donner du temps au Britanniques pour formuler un nouvel accord, estimant que les délais supplémentaires n’avaient fait qu’empirer la situation. "L'Allemagne a très peur du no-deal. Nous n’aimons pas l’absence d’accord. Simplement, nous nous sommes préparés. Cela fait plus d’un an qu’on a passé toutes les lois nécessaires pour faire face à un no-deal."

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Offensive turque en Syrie

"J’espère que cette tragédie syrienne va servir de réveil des consciences en Europe", a confié l’élue, regrettant la passivité de l’Union européenne face à Erdogan ou Poutine. "Nous avons regardé l’Histoire se faire sans nous et contre nous. Nous sommes spectateurs. Ce qu’il faut, c’est plus d’Europe." Nathalie Loiseau a poursuivi en dénonçant à demi-mot le retrait des troupes américaines du nord-est syrien. "Notre allié américain regarde ailleurs, c’est le moment qu’on [sic] s’organise."

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Une adhésion de l’Albanie et de la Macédoine à l’UE ? 

Reprenant à son compte la position d'Emmanuel Macron, Nathalie Loiseau a expliqué la position de la France sur une éventuelle adhésion de l’Albanie et de la Macédoine : "L’Europe n’est pas prête à s’élargir". La députée européenne a estimé que l’UE "ne fonctionne pas bien ni à 27 ni à 28" et qu’elle ne pourrait donc pas être efficace à plus. "Il faut un partenariat fort" avec les pays des Balkans, a néanmoins jugé Nathalie Loiseau, qui "savent très bien qu’ils ont du chemin à faire". 

Pagaille à SNCF

À propos du droit de retrait exercé par les conducteurs de la SNCF qui a entraîné la suppression de nombreux trains ce week-end, Nathalie Loiseau a exprimé sa solidarité avec Elisabeth Borne, ministre des Transports : "Le gouvernement a raison de faire preuve de fermeté." Les syndicalistes "jouent sur les mots et sur les nerfs des usagers", a-t-elle estimé, en parlant de "prise en otage" des usagers. 

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Polémique sur le voile

Sur ce sujet qui agite les médias et le cénacle politique, Nathalie Loiseau a tenté d'opposer une position mesurée. "Je ne suis pas pour le port du voile mais je suis féministe", a indiqué l’élue, qualifiant d’"hystériques de la laïcité" les députés qui avaient demandé à Latifa Ibn Ziaten, en visite à l’Assemblée nationale, en 2015, de retirer son voile. Citant notamment la LR Nadine Morano, pour la fustiger, quand cette dernière associe salafisme et port du voile. Le foulard islamique, pas bon pour le vivre-ensemble, tel que l’a déclaré l’ancien ministre Robert Badinter ? "C’est un préjugé (…) Il faut arrêter d’hystériser le débat sur le voile, ça n’est pas le sujet", a tranché Nathalie Loiseau, avant de conclure, voyant dans cette énième polémique une nouvelle façon de dire aux femmes ce qu'elles doivent faire ou pas faire : "Il faut fiche la paix aux femmes."

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