"Nous vivions dans une immense hypocrisie française" : comment Macron justifie sa position sur le nucléaire

"Nous vivions dans une immense hypocrisie française" : comment Macron justifie sa position sur le nucléaire

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NUCLÉAIRE - Dans une interview au Monde, le chef de l’Etat redit sa position sur le nucléaire : fermer trop vite des centrales supposerait de rouvrir des centrales à charbon, et serait contre-productif sur le réchauffement climatique. Il soutient en cela son ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot.

"J'assume." Dans une interview au Monde, ce mardi, le chef de l’Etat Emmanuel Macron soutient son ministre de l’Ecologie et explique pourquoi le gouvernement ne peut tenir la date de 2025 pour réduire de moitié la part du nucléaire dans la production d’électricité française. "Il faut d’abord, il faut sortir d’un débat qui est totalement fallacieux : le nucléaire n’est pas une énergie qui est mauvaise pour le climat", commence ainsi le chef de l’Etat.


 Selon lui, sortir du nucléaire de manière trop accélérée "conduirait à maintenir et même à ouvrir des centrales à charbon ou thermiques" pour assurer la production d’électricité équivalente, confie-t-il encore au quotidien du soir. "Nous vivions donc, jusqu’à présent, dans une immense hypocrisie française", résume Emmanuel Macron, qui n’hésite pas à charger le précédent quinquennat : "Pour que les 50 % soient atteignables en 2025, il aurait fallu fermer plusieurs centrales nucléaires durant le précédent quinquennat. Donc ma position sur le nucléaire est à la fois très claire et très ambitieuse : nous allons descendre le plus vite possible vers 50 % de nucléaire, mais à condition de ne pas émettre plus de gaz à effet de serre !"

Nicolas Hulot, avec beaucoup de courage, est sorti d’une hypocrisie françaiseEmmanuel Macron

Le gouvernement, par la voix de son ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, a en effet récemment indiqué être contraint d'abandonner la date de 2025 pour réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d'électricité française. Mais il souhaite réaliser cet objectif d'ici peut-être 2030 ou 2035, sans augmenter les émissions de gaz à effet de serre, ce qui suppose de développer massivement les énergies renouvelables... 

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Pourquoi le gouvernement reporte l'objectif de 50% de la part du nucléaire dans la production d'électricité ?

Fessenheim sera fermée et sera totalement fermée, je ne reviens pas en arrièreEmmanuel Macron

Au Monde, Emmanuel Macron explique aussi qu'il n’a pas "refixé" d’échéance, ni annoncé de nouveau calendrier : "Je souhaite que la programmation pluriannuelle de l’énergie qui sera présentée en 2018 puisse fixer une trajectoire qui soit, cette fois-ci, crédible", a-t-il précisé. Le président en profitant pour soutenir totalement son ministre de l’Ecologie : "Nicolas Hulot, avec beaucoup de courage, est sorti d’une hypocrisie française. On avait fixé un agenda intenable sans prendre les décisions qui allaient avec, sans programmation pluriannuelle. Voilà la réalité."

Car le chef de l’Etat replace les priorités contre le réchauffement climatique : "C’est de fermer des centrales thermiques et celles au charbon. Or, personne ne l’avait fait", dit-il, assurant "le faire avant la fin du quinquennat." Mais il le soutient : "Je ne peux pas accélérer de manière indue l’agenda nucléaire. Parce qu’une forte baisse de capacité nucléaire ne peut pas être immédiatement remplacée par du renouvelable, car les sources d’énergie renouvelable comme le solaire ou l’éolien sont intermittentes."


Sur Fessenheim, Emmanuel Macron assure pourtant qu'il va "tenir mon engagement" : "Fessenheim sera fermée et sera totalement fermée, je ne reviens pas en arrière." Il n’exclut d’ailleurs "aucune autre décision de fermeture de centrale", tout dépendant "du chemin qui sera trouvé pour être réaliste sans augmentation de nos émissions de gaz à effet de serre.(...)  Je fermerai des centrales le jour où je serai certain que ça n’aggrave pas le réchauffement climatique."

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