Nouveau couac à LaREM : un texte sur le soutien aux handicapés adopté contre l’avis du gouvernement

Nouveau couac à LaREM : un texte sur le soutien aux handicapés adopté contre l’avis du gouvernement
Politique

HANDICAP - Nouvel imbroglio pour La République en marche (LaRem) et l'exécutif. Quinze jours après l’embarrassante crise sur le congé accordé en cas de deuil parental, une proposition de loi du groupe Libertés et Territoires – qui rassemble plusieurs députés du centre gauche et du centre droit – sur le handicap a été adoptée à l’Assemblée, contre l’avis du gouvernement et de son parti, mis en minorité lors du vote.

Les rangs de la majorité n’étaient pas assez garnis pour emporter le vote. Jeudi 13 février, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi du groupe Libertés et Territoires traitant notamment du handicap, contre l’avis de LaREM et du gouvernement. Un fait rare dans l’hémicycle, qui marque un nouveau couac pour le parti présidentiel en crise, quinze jours après l’épisode controversé du deuil parental. 

Le texte "portant sur diverses mesures de justice sociale" a été adopté à 44 voix contre 31. Sur les 35 élus "marcheurs" présents au moment du scrutin, 28 se sont alignés sur la position de l’exécutif en votant contre, mais quatre d’entre eux se sont joints aux favorables, quand trois autres se sont abstenus. Les députés UDI-Agir et une élue MoDem ont également apporté leur soutien à la proposition. 

"Vous serez seuls dans cet hémicycle et dans le pays"

Le débat a été vif avant l’adoption du texte, qui propose une individualisation de l’allocation adulte handicapé (AAH) et son déplafonnement, et de repousser à 65 ans l’âge limite pour percevoir la prestation de compensation du handicap (PCH). Les élus de l’opposition ont en effet fait allusion au refus des députés LaREM d’allonger le congé de deuil des parents après la perte d’un enfant, qui avait poussé Emmanuel Macron à intervenir et le gouvernement à manger son chapeau.

"Vous avez la possibilité de l’humanité", a martelé François Ruffin, en s’adressant à la majorité. "Vous serez seuls dans cet hémicycle et dans le pays", a-t-il prévenu. Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon a lui dénoncé des "marcheurs" pris en "flagrant délit d’inhumanité une fois de plus", là où le Républicain Aurélien Pradié a fustigé une majorité qui n’apprenait pas "de ses erreurs".

La demande de suspension de séance par les "marcheurs" à quelques minutes du vote a électrisé d’autant plus le débat, Jean-Luc Mélenchon y voyant une tentative de "changer le rapport de force".  Plusieurs rappels au règlement ont suivi. 

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Pour LaREM, "la priorité est donnée au handicap"

La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel a elle défendu longuement son bilan. "Arrêtez de dire que nous n’avons rien fait",  a-t-elle répété, assurant que pour le gouvernement "la priorité est donnée au handicap". Elle a rappelé que l’AAH avait bénéficié de deux revalorisations depuis le début du quinquennat, et qu’elle était déjà "quasi-individualisée".

Sophie Cluzel a plaidé, en vain, que ces sujets soient traités lors de l’examen du projet de loi sur le "grand âge et autonomie" à l’été 2020, dans un "cadre global". "Nous ne sommes pas insensibles à la question" a renchérit la députée MoDem Nadia Essayan, soutenant ce "cadre général". 

Avant la mise en application des mesures votées dans la proposition de loi ce jeudi, il faudra attendre que le texte suive la navette parlementaire classique entre l’Assemblée et le Sénat. Une procédure qui demande du temps, et qui doit être soumise à une validation budgétaire pour financer les mesures en question. 

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