Nouvelle-Calédonie : ce qu'il faut savoir du référendum d'autodétermination

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Référendum historique sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

ON FAIT LE POINT - Dimanche, la Nouvelle-Calédonie décidera, via un référendum, si elle souhaite son indépendance vis à vis de la France. Que se passera-t-il si le "oui" l'emporte ? Et si le "non" l'emporte ? Que disent les sondages ? Nos réponses.

Ce dimanche, les habitants doivent répondre à cette question : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?".Ce sont 174 154 électeurs qui sont appelés à s'exprimer dans les urnes. 

Les électeurs  vont ainsi faire entendre leurs voix sur un sujet important : l'indépendance du territoire. A l'exception des fonctions régaliennes et de trois secteurs transférables hors référendum mais encore en discussion (contrôle de légalité, enseignement supérieur et communication audiovisuelle), toutes les compétences (santé, sécurité civile, développement économique, enseignement du second degré, environnement...) sont exercées par les pouvoirs locaux, ce qui confère au territoire, une autonomie unique. 

Si le "oui" l'emporte, que se passera-t-il ?

Selon un document du cabinet du premier Ministre publié sur le site du Haut-Commissariat de Nouvelle-Calédonie, si le "oui" l'emporte, l'indépendance se traduira par "le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité. La Nouvelle-Calédonie deviendra donc un Etat pleinement souverain", peut-on lire. 

Néanmoins, la France se retirera progressivement de certains secteurs comme la sécurité, l'ordre public, la monnaie, et la justice qui continueront d'être assurés par la France durant une période de transition sur laquelle, les autorités françaises et la Nouvelle-Calédonie devront se mettre d'accord. La Nouvelle-Calédonie pourra demander à être admise au sein de l'ONU et les relations financières "seront établies dans le cadre de la politique publique d’aide au développement", précise le document. 

Si le "non" l'emporte, que se passera-t-il ?

Si le "non" à l'indépendance l'emporte, la Nouvelle-Calédonie demeurera une collectivité française, la population conservera la nationalité et la citoyenneté française. L'Etat continuera à assurer les compétences régaliennes et la Nouvelle-Calédonie continuera d'exercer ses compétences déjà transférées : celles-ci ayant un caractère irréversibles, comme l'Accord de Nouméa le prévoit. 

Dans tous les cas, le Premier ministre Edouard Philippe a affirmé que quelque soit le résultat de ce référendum, il se rendrait sur place, le 5 novembre prochain, au lendemain du scrutin. 

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Les sondages donnent le "non" vainqueur

Ce référendum affiche malgré tout un suspense relativement limité : tous les sondages annoncent une nette victoire des loyalistes dans une fourchette comprise entre 60 et 69% des voix. Début octobre, un sondage réalisé par Harris interactive pour France Télévision, donnait une nouvelle fois le "non" à l'indépendance vainqueur, à un mois du scrutin. Les électeurs du "Non" justifient leur choix en argumentant que la Nouvelle-Calédonie est dépendante de la France pour sa sécurité (95%), son économie (94%) ou en ce qui concerne les subventions publiques nécessaires selon eux pour maintenir le niveau de vie en Nouvelle-Calédonie (92%). 

Des avis défavorables à l'indépendance certes mais, certains affirment que les votes "indépendantistes" permettront de mesurer l'envie de se détacher de la France, comme l'explique Alain Christnacht, ancien Haut-commissaire en Nouvelle-Calédonie, à l'AFP. Pour lui, la victoire des indépendantistes est exclue mais la surprise serait qu'il y ait "45% de votes pour l'indépendance".

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Malgré des sondages défavorables, les Indépendantistes se disent "confiants". Les dirigeants du FLNKS estiment que l'indépendance ne sera pas un saut dans le vide. Et si le "non" l'emporte, le parti souhaite la mise en place, ce que prévoit l'accord de Nouméa, qu'un deuxième puis un troisième référendum d'autodétermination soient organisés d'ici au minimum 2022.

Chez les Républicains Calédoniens, la formation considérée comme la plus à droite, on s'oppose à cela. Eux plaident pour un statut ancré dans la France : "un modèle calédonien sur mesure à l'intérieur de l'ensemble français", sans transférer les compétences régaliennes. Et Sonia Backlès, présidente du parti de proposer : "un droit permanent à l'autodétermination qui viendrait remplacer ces référendums et pourrait être déclenché par les électeurs eux-mêmes". A condition toutefois que 50% des électeurs le souhaitent.

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