Nouvelle-Calédonie : un second référendum sur l'indépendance annoncé pour l'été 2020

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Référendum historique sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

ACCORD - Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé avoir trouvé un compromis entre les indépendantistes et les non indépendantistes dans la nuit de jeudi à vendredi concernant la date du prochain référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Il aura lieu le 30 août ou le 6 septembre 2020.

Un compromis a été trouvé dans la nuit de jeudi à vendredi sur la date du prochain référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, alors que les leaders loyalistes et indépendantistes calédoniens étaient réunis jeudi à Matignon autour du Premier ministre Edouard Philippe. Deux dates ont ainsi été choisies pour le prochain référendum, à savoir le 30 août ou le 6 septembre 2020.

A propos du deuxième référendum, qui concerne l'accession à la pleine souveraineté de l'archipel, qui doit être fixée par l'Etat, sa date sera décidée dans les 15 prochains jours, "afin que nous soyons en mesure de garantir la mobilisation des moyens équivalents" à ceux engagés lors du premier scrutin et "afin que les conditions matérielles du scrutin soient aussi irréprochables", a annoncé le chef du gouvernement à l'issue de 15 heures de discussion. "Ça n'est pas une simple date, et ça n'est pas une date simple à fixer", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a coupé la poire en deux.- Roch Wamytan, président du Congrès et indépendantiste.

Edouard Philippe avait indiqué vouloir absolument "trouver un consensus" au sein du Comité des signataires de l'accord de Nouméa, après la victoire du "non" à l'indépendance (56,7%) lors du premier référendum d'autodétermination, le 4 novembre 2018. Signé en 1998, l'accord de Nouméa a mis en place un processus de décolonisation par étapes, aboutissement du travail de réconciliation entre les Kanak et les Caldoches, entamé en 1988 avec les accords de Matignon, après les violences des années 1980, qui avaient notamment conduit à la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, où 25 personnes avaient perdu la vie.

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La position de départ des indépendantistes était de fixer la date du référendum "le plus tard possible", idéalement en novembre, alors que le camp non indépendantiste, l'Avenir en confiance, voulait un deuxième référendum dès le mois de juillet, mettant en avant la situation économique incertaine due à ces échéances électorales. "Le Premier ministre a coupé la poire en deux", a reconnu Roch Wamytan, président du Congrès (Union calédonienne-FLNKS) et placé dans le camp  indépendantiste.

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En cas de possible troisième référendum, qui pourrait survenir dans les deux ans suivant une nouvelle victoire du "non" à l'indépendance, Edouard Philippe a indiqué avoir exclu que "cette troisième consultation puisse être organisée entre le milieu  du mois de septembre 2021 et la fin du mois d'août 2022", afin de "bien distinguer les échéances électorales nationales, et celles propres à l'avenir de la Nouvelle-Calédonie".

Un soulagement pour le député de Calédonie Ensemble, non indépendantiste, Philippe Gomès, qui craignait de voir se tenir ce troisième référendum "en plein cœur de l'élection présidentielle avec des risques majeurs d'instrumentalisation politique nationale". "Nous avons obtenu que la date soit avancée et qu'il soit envisagé la fin du processus de l'accord de Nouméa avant la fin" du mandat présidentiel a réagi Sonia Backès, présidente de la province Sud et également non indépendantiste.

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