Nouvelle ministre de la Culture, Roselyne Bachelot reprend du service

Roselyne Bachelot de retour en politique au ministère de la Culture
Politique

RETOUR AU SOMMET - Huit ans après avoir quitté la politique pour se consacrer à une nouvelle carrière dans les médias, Roselyne Bachelot succède à Franck Riester au poste de ministère de la Culture et de la Communication. Un choix moins surprenant qu'il n'en a l'air.

Elle avait mis un terme à sa longue carrière politique en 2012, pour se lancer dans une nouvelle aventure dans les médias.  Roselyne Bachelot, 73 ans, revient à ses premières amours en rejoignant le gouvernement de Jean Castex dans un rôle presque inattendu, celui de ministre de la Culture et de la Communication en remplacement de Franck Riester. Elle aura notamment à gérer les conséquences de la pandémie de coronavirus dans un secteur lourdement impacté par le confinement. Et qui n'en est pas encore tout à fait sorti, des grands festivals interdits cet été aux boites de nuit pas autorisées à rouvrir leurs portes avant plusieurs jours. Des chantiers nombreux et pour la plupart nouveaux pour cette femme d'expérience.

Docteur en pharmacie de formation, Roselyne Bachelot se lance en politique au début des années 1980, dans le sillage de son père, le député gaulliste Jean Narquin dont elle hérite du siège à l’Assemblée en 1988. Secrétaire général adjointe du RPR de 1989 à 1992, elle se singularise au sein de sa famille politique grâce à son franc parler. Et des positions qui surprennent dans son propre camp puisqu'elle milite notamment en faveur du mariage homosexuel et de l’adoption d’enfants par les couples de même sexe. En 1998, elle défendra l’adoption du PACS à l'Assemblée, contre l’avis de son groupe.

Ministre sous Chirac et Sarkozy

Porte-parole de Jacques Chirac durant la campagne présidentielle de 2002, elle entre au gouvernement après sa réélection.  Ministre de l’Ecologie et du Développement durable de Jean-Pierre Raffarin, un poste qu'elle occupe jusqu'au printemps 2004. conseillère régionale des Pays-de-la-Loire et députée européenne, elle revient sur le devant de la scène politique en 2007 après l'élection de Nicolas Sarkozy. Elle est nommée ministre de la Santé et des sports au sein du gouvernement Fillon jusqu'en 2010, puis de la Solidarité et de la cohésion sociale jusqu'en 2012.

Au printemps 2010, Roselyne Bachelot avait été vivement critiquée pour sa gestion de l’épidémie de grippe A, un an plus tôt. Une partie de l’opposition lui reprochait d’avoir gaspillé l’argent public en achetant d’importants stocks de masques, de vaccins et de traitements antiviraux pour près de 2 milliards d’euros.

Dans l’émission "Pièce à conviction", diffusée le 3 mars sur France 2, la journaliste Elise Lucet lui demandait si le gouvernement ne s’était pas "fait avoir" sous la pression de l’industrie pharmaceutique. "Je ne reçois pas ça parce que ce n’est pas vrai", s’était défendue à l’époque Roselyne Bachelot.

"Les masques sont un stock de précaution — excusez-moi si ce mot devient un gros mot ici. Ils sont un stock de précaution qui est destiné à toute sorte de pandémie, et ce n’est pas évidemment au moment où une pandémie surviendra qu’il s’agira de constituer les stocks. Un stock, par définition, il est déjà constitué pour pouvoir protéger".

Critiquée lors de la grippe A, réhabilitée durant le Covid-19

Des mots qui ont pris une dimension nouvelle durant la pandémie de coronavirus, le gouvernement d’Edouard Philippe étant confronté à une pénurie de masques résultant des arbitrages effectués ces dix dernières années. Sur Twitter, Le 21 mars dernier, Roselyne Bachelot avait remercié ses soutiens dans un message posté sur Twitter...

Quelques jours plus tard, l'ancienne ministre de la Santé s'était retrouvée propulsée en tête du classement des personnalités politiques préférées des Français, d'après un sondage réalisé par l'Institut Odoxa. Avec 44% d'opinions favorables, elle devançait largement Nicolas Sarkozy (33%) et l'actuel ministre de la Santé Olivier Véran (29%).

Son audition, le 1er juillet dernier au Sénat devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, n’est pas passée inaperçue. "Est-ce qu'être ministre c'est être au courant de tout ?", avait-elle réagi à l’intervention controversée de l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn. "Oui. Si on n'est pas au courant de quelque chose, s'arranger pour le savoir, c'est-à-dire tancer son directeur de cabinet pour que les renseignements vous parviennent dans l'heure."

"Qu'est ce que c'est que ce pays infantilisé ?"

Regrettant que les collectivités locales n’aient pas pris davantage leur responsabilité face à la pénurie de masques, elle avait également tancé, avec un humour mordant mêlé d'indignation, les médecins de ville qui n’utilisent ni blouse ni masque. "Qu'est ce que c'est que ce pays infantilisé ? Il faut se prendre en main ! On attend que le préfet apporte des masques avec une petite charrette ?".

En confiant à Roselyne Bachelot le ministère de la rue Valois, Jean Castex fait le choix d’une politique expérimentée dont les talents de communicante ne sont plus à démontrer. Ils lui ont ouvert les portes d’une reconversion réussie ces dernières années à la radio et à la télévision. Elle a notamment fait partie de la bande de chroniqueuses de Laurence Ferrari dans le Grand 8 sur D8, de Cyril Hanouna dans "Les Pieds dans le Plat" sur Europe 1 ou encore de Laurent Ruquier dans "Les Grosses Têtes" sur RTL.

 A la rentrée 2016, elle dispose de sa propre émission quotidienne sur RMC avant de rejoindre LCI un an plus tard, d'abord en animant sa propre tranche, de 9h à 10h, puis en intervenant régulièrement à l'antenne, notamment durant la pandémie de Covid-19. 

Roselyne Bachelot s'est également essayée à la comédie. En 2013, elle était apparue dans un épisode de la série "Nos Chers Voisins", sur TF1. Cinq ans plus tard, elle montera sur la scène de Bobino pour une représentation des "Monologues du vagin", aux côtés de la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa... 

Passionnée de musique classique

Roselyne Bachelot, c’est surtout une passionné de musique classique en général, un univers sur lequel elle a tenu une chronique hebdomadaire sur France Musique. En 2018, elle y manifestait son attachement au Festival Pablo Casals, du nom du célèbre violoniste. Une manifestation qui se déroule chaque année à Prades, dans les Pyrénées-Orientales, présidé par le maire de la Ville, un certain Jean Castex il y a encore quelques jours. 

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"Je suis une dingue d'opéra et vois au moins une cinquantaine de représentations par an", expliquait-elle en 2017 à "L'Express". "J'ai constitué au fil des ans une bibliothèque sur les oeuvres et les musiciens et une discothèque de milliers d'enregistrements. J'ai aussi écrit une biographie de Verdi et sorti l'an dernier, chez Warner Classics, un hommage en trois CD à l'opéra français." 

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