Accompagné d'un cheminot et d'une salariée de Carrefour, Ruffin transforme "On n’est pas couché" en agora politique

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ONPC - Invité de l’émission "On n’est pas couché" samedi sur France 2, le député insoumis était accompagné d’un cheminot et une salariée de Carrefour qui ont pu rendre compte de leurs conditions de travail. Cette séquence politique a été saluée par de nombreux téléspectateurs, en particulier pour son authenticité.

François Ruffin se dépeint comme un porte-parole du peuple. Mais il sait visiblement aussi partager le micro. Samedi soir, le député de la France insoumise était l’invité politique de l’émission On n’est pas couché, sur France 2 et il n’est pas venu seul. Ce partisan de la convergence des luttes a souhaité s’entourer sur le plateau de travailleurs issus de différents secteurs afin de décrire leurs conditions de travail. Mieux, afin qu’ils décrivent eux-mêmes cette réalité professionnelle, de plus en plus pénible.


Après avoir échangé de longues minutes avec les deux chroniqueurs de l’émission Yann Moix et Christine Angot, François Ruffin a permis à Alexandre, guichetier à la gare de Melun, de venir évoquer sa situation professionnelle. Exaspéré par le cliché du cheminot "payé des 1000 et des 100 pour rien foutre", il a tenu à défendre sa profession : "Le cheminot n’est un fainéant. Il se lève à 3 heures du matin comme la plupart des Français qui se lèvent tôt et à 5 heures on est dans les gares pour les ouvrir", a-t-il souligné. 


"Si aujourd’hui je fais grève et que je me permets de perdre 70 euros par jour de grève, ce n’est pas pour mes droits, c’est pour offrir aux usagers un service public de qualité", précise Alexandre, qui ne bénéficie pas du statut de cheminot puisqu’il a été embauché après ses 30 ans.

"On passe nos vies à donner de l’argent à des actionnaires qui ne nous respectent même plus !"

Après lui, ce fut au tour d’une salariée de Carrefour d’évoquer la situation de son entreprise, qui a lancé en début d'année un vaste plan social. Elle a dénoncé "les salaires de misère" des caissières qui gagnent au mieux si elles sont à plein temps entre 1200 et 1300 euros nets ainsi que le montant très faible de la participation (57 euros en moyenne) versée aux salariés. 


"Avant on devait travailler pour vivre mais aujourd’hui on vit pour travailler. On passe notre journée au boulot du matin au soir, à cause des coupures, et cela a un impact sur nos vies privées. Bientôt ce sera également les dimanches parce que Carrefour veut ouvrir ce jour-là. Mais on va vivre quand, nous les salariés ? Déjà on n’a pas beaucoup d’argent mais on vit quand ? On passe nos vies à donner de l’argent à des actionnaires qui ne nous respectent même plus !", a-t-elle lancé. 

La présence de ces salariés a suscité de nombreuses réactions, notamment sur Twitter. Beaucoup d'internautes ont salué l’authenticité de leur prise de parole.

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