ONPC : pourquoi les politiques et leurs communicants en raffolent (ou pas)

Politique

POLÉMIQUE – Qu'il se pressent ou pas sur son plateau, tous les politiques ont un avis sur l'émission du samedi soir de Laurent Ruquier sur France 2. Pour savoir pourquoi ils y vont ou non, metronews a appelé leurs équipes.

C'est la querelle des anciens et des modernes de la semaine. Les politiques ont-ils leur place dans "On n'est pas couché", l'émission de Laurent Ruquier le samedi soir sur France 2 ? Depuis la sortie de Nadine Morano samedi 26 septembre sur la France "pays de race blanche", plusieurs d'entre eux se sont exprimés non seulement sur ses propos, mais aussi sur le média où elle les a tenus.

Sarkozy n'ira "jamais

Premier à dégainer : François Fillon. Pourtant en pleine phase de communication, l'ancien Premier ministre refuse d'aller y présenter son dernier livre. Pourquoi ? Parce que l'émission ne serait faite selon lui "que de caricature, d'agressivité et d'une forme de débat qui n'apporte rien au débat public".

Contactée par metronews ce vendredi, l'équipe de Nicolas Sarkozy, sans se livrer à une critique aussi virulente, affirme que le président de "Les Républicains" ne s'y rendra "jamais". Depuis son retour en politique, argue-t-on, l'ancien chef de l'Etat "tient à garder une parole plus solennelle et estime que ce type d'émission n'est pas adapté dans un moment où la parole politique souffre d'un manque de confiance de la part des Français". Alain Juppé non plus n'a jamais mis les pieds sur ce plateau.

"ONPC, ça se prépare !"

ONPC abaisserait donc la parole politique. Une critique qui ne lasse pas d'étonner dans l'entourage de Catherine Barma, la productrice de l'émission. "C'est le dernier endroit où on laisse, chaque semaine, les politiques s'exprimer suffisamment longtemps pour sortir de la langue de bois et montrer vraiment qui ils sont". Soit environ une heure d'interview qui, souligne-t-on, n'est pas montée, mais tout au plus "nettoyée" de quelques minutes pour en enlever les éventuelles redites et cafouillages. "D'ailleurs, insiste-t-on, en 320 émissions, aucun politique ne s'est jamais plaint d'avoir vu ses propos altérés ou transformés." A la fin, reste une longue tribune permettant de s'adresser à un public plus large que les émissions purement politiques, bénéficiant d'une grosse audience (1,5 million de téléspectateurs, avec un pic à 3 millions lors de l'interview politique), encore démultipliée par son succès sur les réseaux sociaux.

"C'est une émission difficile, exigeante", estime dans L'Opinion ce vendredi Jean-Luc Mélenchon, qui l'"aime" tellement qu'il s'y est déjà rendu sept fois. Du côté de chez Jean-Christophe Cambadélis, on reconnaît – toujours dans L'Opinion – que l'objectif de sa venue début septembre était de grappiller quelques points de notoriété, et on assure l'avoir atteint. Egalement jointe par metronews, l'équipe de Bruno Le Maire soutient aussi le format "grand public mais qui laisse le temps de parler", tout en soulignant deux points importants : "Il faut y aller quand on a des choses à dire, parce que sinon, c'est le meilleur moyen de dire des âneries !" Deuxième conseil : "Comme toutes les émissions, ONPC se prépare !" Parce que tenir sa parole durant dix minutes, c'est facile, mais assurer plus d'une heure face à des journalistes pugnaces, c'est plus compliqué...

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