"Oui" à l'aéroport Notre-Dame des Landes : pourquoi Hollande n'est pas encore sorti d'affaire

"Oui" à l'aéroport Notre-Dame des Landes : pourquoi Hollande n'est pas encore sorti d'affaire

CONTESTATION - La consultation sur le transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes a donné une majorité au "oui" dimanche soir. Malgré tout, la contestation n'est pas près de se tarir. Voici ce qui peut encore repousser le projet du gouvernement.

François Hollande pensait régler l'interminable polémique avec un référendum local. Le transfert de l'aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes, sujet polémique qui aura accompagné tout son mandat, a été validé dimanche par la consultation des habitants, avec 55.17 % des suffrages. Et pourtant, tout se passe comme s'il n'avait pas eu lieu. Voici pourquoi.

 Les contestataires ne comptent pas quitter les lieux
Dès les résultats connus, les "zadistes" qui occupent le secteur de Notre-Dame-des-Landes  ont annoncé qu'ils ne quitteraient pas les lieux , qui doivent rester à leurs yeux un secteur protégé. "Nous n'allons pas cesser d'habiter, cultiver et protéger ce bocage. Il continuera à être défendu avec la plus grande énergie", ont-ils promis. Une évacuation par la force se profile. "Je crois que les discussions entre le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont commencé pour savoir comment ils allaient procéder. "Il y a eu une consultation démocratique, maintenant la procédure doit se poursuivre", a déclaré lundi la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, sur RTL . Les travaux doivent en principe débuter à l'automne 2016.

 Plusieurs partis politiques ne reconnaissent pas les résultats
Autre point de blocage de taille : les partis politiques opposés au projet d'aéroport refusent de reconnaître la valeur de la consultation. Lundi matin, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon a rappelé son opposition au périmètre retenu pour le référendum, promettant de poursuivre le combat contre "ce projet climaticide" et de "poursuivre la lutte contre sa réalisation". Même son de cloche du côté du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), et surtout d'Europe Ecologie-Les Verts, qui fustige "une consultation illégitime". Tout en ayant fait campagne pour le "non", les écologistes estiment que "les dés étaient pipés d'avance" en raison du périmètre choisi. Même Nicolas Hulot, tout en "prenant acte" du résultat, a relayé lundi ces critiques, déplorant une consultation réduite au département de Loire-Atlantique.

 Les contentieux se poursuivent
La tenue de la consultation locale ne règle pas non plus la question des contentieux, dont une grande partie - sur plusieurs dizaines - ont été perdus par les opposants, mais pas tous. Validés en première instance en juillet 2015, les arrêtés préfectoraux "loi sur l'eau" et "espèces protégées" doivent toujours être examinés par la cour administrative d'appel de Nantes, probablement à l'automne. En outre, la procédure d'infraction pour "non-respect de la réglementation européenne", ouverte par Bruxelles contre la France en avril 2014, est en cours. La Commission européenne réclame depuis deux ans à Paris une évaluation environnementale globale du projet d'aéroport du Grand Ouest. La réponse prévue des autorités françaises ne devrait pas intervenir avant l'avis de l'Autorité environnementale, qui n'interviendra pas avant septembre. Enfin, les opposants n'excluent pas de nouveaux recours dans les semaines qui viennent.

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