Outrage à Taubira : "très choquée", l'ex-candidate FN accuse le coup

Politique

JUSTICE – Anne-Sophie Leclère, lourdement condamnée mercredi pour son photo-montage comparant Christiane Taubira à un singe, riposte mercredi. L'ex-militante Front national dénonce une "peine disproportionnée".

Elle parle d'un "ton empreint de colère contenue", selon le journaliste de l'AFP qui a recueilli ses propos. Au lendemain de sa condamnation à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cayenne pour avoir comparé Christiane Taubira à un singe, l'ex-candidate FN Anne-Sophie Leclère est montée au créneau mercredi pour dénoncer une peine "totalement disproportionnée".

"Les criminels sont condamnés et ont un bracelet et moi, on me donne de la prison ferme", a réagi celle qui s'apprêtait à défendre les couleurs du FN aux municipales à Rethel (Ardennes), avant que la polémique sur son photo-montage raciste, mettant en scène la ministre de la Justice et un petit singe, ne lui coûte son investiture.

"Je n'avais pas les moyens de me payer le billet d'avion" pour Cayenne

"Je n'ai pas tenu de propos racistes, j'ai juste reçu un photomontage sur Facebook dont je ne suis pas l'auteur. Je ne suis pas raciste", a-t-elle martelé. Dans un reportage d'Envoyé spécial le 17 octobre dernier, elle avait pourtant assumé sans difficulté les images publiées sur sa page Facebook. Aujourd'hui, elle "regrette les propos" car "ils étaient maladroits", selon ses confidences à Europe 1 .

Celle qui a annoncé son intention de faire appel a également expliqué pourquoi elle ne s'était pas rendue au tribunal de grande instance de Cayenne, alors que cette absence a pu jouer dans la décision du juge. "On a trouvé aucun avocat pour nous représenter à Cayenne et je n'avais pas les moyens de me payer le billet d'avion", a-t-elle justifié.

Tandis qu'Anne-Sophie Leclère, comme le FN - condamné de son côté à 30.000 euros d'amende -, dénoncent un jugement "politique", Christiane Taubira a également réagi mercredi à cette décision du tribunal de Cayenne. La garde des Sceaux a estimé que les magistrats avaient jugé "selon le Code pénal", et non selon leur "fantaisie".

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