En visite en Guyane, Emmanuel Macron boudé par les maires

OUTRE-MER - En visite en Guyane après le mouvement sociale de mars et avril dernier, Emmanuel Macron ne rencontrera pas les maires du département français d'Outre-Mer. Les élus déplorent que son emploi du temps durant ces deux jours ne prévoit pas une rencontre avec les maires afin de débattre de l'Accord de Guyane notamment.

Le programme d'Emmanuel Macron, en visite en Guyane à partir de jeudi, crispe l'association des maires de Guyane. Dans un communiqué publié mercredi 25 octobre, le président de l'association David Riché déplore "l'absence d'un temps de rencontre entre (Emmanuel Macron) et tous les élus guyanais" au cours de son séjour. 


Le maire de Roura estime que "compte tenu de la mobilisation sociale des mois de mars et d'avril derniers et des problématiques inhérentes à la Guyane", le président aurait dû prévoir une rencontre avec les élus et débattre avec eux de l'Accord de Guyane et la suppression des contrats aidés. Les élus attendent aussi du gouvernement une rallonge de 2,1 milliards supplémentaires au plan d'urgence prévu en avril dernier. 

Dans son communiqué, David Riché explique être "au regret de décliner l'invitation d'Emmanuel Macron à son arrivée à l'aéroport et à un dîner plus tard dans la journée. "Vous avez fait le choix de placer votre visite sous l’auspice des Régions ultrapériphériques et des futures assises des Outre-mer. C’est un choix que nous, maires de Guyane, ne pouvons que regretter", ajoute le président de l'association des maires de Guyane. Il est pour nous "des choix autrement plus importants parce que vitaux quant à l’avenir de notre territoire", conclut-il. 

Macron également attendu par les meneurs de la grogne sociale

L'association des maires de Guyane n'est pas la seule à demander audience au président Macron. Le collectif Pou Lagwiyann dékolé ("Pour que la Guyane décolle") qui a porté les cinq semaines de mouvement social estime de son côté dans une lettre adressée au président que "tous les problèmes n'ont pas été réglés" et que "les conséquences des problématiques que nous avons soulevées, particulièrement en matière de sécurité, sont encore bien présentes". 


Le collectif a par ailleurs annoncé un rassemblement mercredi et une marche ce jeudi à Cayenne, afin de montrer au président que ses membres sont "déterminés". "La population a le sentiment de ne pas avoir été entendue", estime le député Gabriel Serville. "Il faut qu'il (M. Macron) respecte l'Accord de Guyane, car pour l'instant, la situation n'a pas bougé", renchérit Davy Rimane, du collectif.

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Immigration clandestine massive venant du Brésil, du Surinam ou d'Haïti, insécurité croissante, communes enclavées, services de santé défaillants, système scolaire inadapté, taux de chômage très élevé (23%) avaient poussé des Guyanais exaspérés à mener, en mars-avril, un vaste mouvement de blocage du territoire, clouant au sol à Kourou la fusée Ariane, vitrine de l'économie guyanaise mais surtout symbole pour la population d'inégalité sociale alors que certaines communes n'ont ni l'eau courante, ni l'électricité. 


Le mouvement avait pris fin le 21 avril dernier avec la signature de l'accord de l'Accord de Guyane, par lequel l'ancien gouvernement a acté un plan d'urgence de 1,08 milliard d'euros, signé des accords sectoriels et "pris acte" d'une demande de 2,1 milliards d'euros de mesures supplémentaires.


Le chef de l'Etat vient dire "qu'il tiendra ces engagements", assure de son côté l'Elysée, avec un objectif: "Prendre les problèmes à la racine". 

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