Panama Papers : "Ça ne peut plus durer", estime Michel Sapin

Politique
SCANDALE - Le ministre des Finances, Michel Sapin, a appelé mercredi les pays de l'OCDE à mettre le Panama sur la liste des paradis fiscaux, à l'instar de la France, assurant qu'il ne se laissait pas intimider par les menaces de représailles du pays latino-américain.

Michel Sapin durcit le ton. Après le scandale dévoilé dans les "Panama Papers", le ministre des Finances a confirmé ce mercredi matin que la France allait réinscrire le Panama sur la liste des paradis fiscaux. Un exemple qu'il a demandé aux pays de l'OCDE de suivre.

Sapin "pas intimidé"

Le Panama avait été "retiré" de cette liste en 2012, a rappelé le ministre des Finances sur Europe 1 , insistant sous le fait que la décision avait été prise sous le président Nicolas Sarkozy, tandis que, fin 2015, la France l'avait remis sous surveillance. "Malheureusement, le Panama est un peu trop habitué à faire des allers-retours, à faire le gentil, puis à faire le méchant. Ceci ne peut plus durer", a déclaré le ministre sur Europe 1, après avoir annoncé la veille que la France allait remettre ce pays sur la liste des paradis fiscaux à la suite des révélations des "Panama Papers".

"Il ne faut pas que l'on soit tout seuls. Il faut que ce soit un mouvement général. C'est pour ça que j'ai souhaité aussi que l'OCDE (...) se réunisse pour que la même décision (que la France) soit prise par l'ensemble des pays concernés", a insisté le ministre. "A ce moment-là, le Panama ne fera peur à personne", a-t-il assuré. Interrogé sur les mesures de représailles économiques envisagées par le Panama contre la France, Michel Sapin a répondu qu'il "n'était pas intimidé". Une fermeté qui contraste quelque peu avec les félicitations exprimées par la France à la petite république, voilà six semaines, comme l'avait relevé Marianne .

Ses "exigences" envers la Société Générale

Michel Sapin s'est, par ailleurs, entretenu ce mardi soir à Bercy avec le PDG de la Société Générale, Frédéric Oudéa, dont la banque a été mise en cause pour avoir créé 979 sociétés offshore, dans le cadre du scandale des "Panama Papers".  "Je lui ai dit que je souhaitais que tout soit mis sur la table. J'ai exigé de connaître l'état actuel total de la situation, l'évolution de 2012 à 2015 et les raisons de l'ouverture éventuelle de nouveaux comptes offshore", a expliqué le ministre.

Le groupe Société Générale s'était défendu ce mardi des accusations d'évasion fiscale après avoir été mis en cause dans le dossier "Panama Papers" pour avoir créé 979 sociétés offshore via le cabinet panaméen Mossack Fonseca. La banque a affirmé dans un communiqué que "quelques dizaines" de ces entités créées pour ses clients étaient encore actives et qu'elles étaient gérées de façon "totalement transparente".

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