Passe d'armes tendue entre Christophe Castaner et Eric Ciotti en commission à l'Assemblée

Politique
ACCROCHAGE - Le ministre de l’Intérieur a vivement répondu au député Les Républicains Eric Ciotti qui l'interpellait sur la gestion des débordements en marge de la victoire de l'Algérie lors de la Coupe d'Afrique des nations. Dix minutes d'échanges très tendus.

Dix minutes d'échanges musclés pour un dialogue de sourds. Une passe d'armes tendue a opposé Christophe Castaner et Éric Ciotti en commission à l'Assemblée nationale, mardi 16 juillet. Des débordements en marge de la victoire de l'Algérie en demi-finale de la CAN à la construction du futur commissariat de Nice, le ministre de l'Intérieur et le député (LR) des Alpes-Maritimes ont balayé un large spectre de leurs désaccords en commission des Lois.

"Jamais la situation n'avait été aussi dégradée en matière de sécurité et d'immigration (...), vous êtes le maillon faible de ce gouvernement" : le constat aux allures de sévère réquisitoire d’Éric Ciotti n'a pas dérogé aux habituelles interventions du député, spécialiste des questions de sécurité chez LR.

"Comme en 1998"

L'échange entre le parlementaire et le ministre a cependant tourné au vinaigre lorsque le second a évoqué les débordements survenus à Paris dimanche après le match de l'Algérie. Souhaitant "remettre les choses à leur place", M. Castaner a considéré qu'il y avait eu "des gens qui ont fêté la demi-finale, un peu comme on a connu en 1998 avec la victoire de l'équipe de France". Réponse d'un Éric Ciotti furieux: "C'est pas la même chose, c'est scandaleux (..) on est en France, on n'est pas en Algérie".

Je peux comprendre que vous viviez assez mal de ne pas être place Beauvau"Christophe Castaner à Eric Ciotti

Après une première salve d'échanges plus aigres que doux, M. Castaner a cinglé: "votre mépris et vos aboiements ne font pas une vérité".  "Les dégâts qu'ils soient commis par des Français qui soutiennent l'équipe d'Algérie ou qu'ils soient commis par des Français qui soutiennent l'équipe de France, sont de toutes façons inacceptables", a commenté le ministre de l'Intérieur avant d'égrainer la liste des dégradations recensées dimanche soir à Paris : une sanisette dégradée, un feu de poubelle, une pharmacie cambriolée.


Au feu nourri de reproches adressés par M. Ciotti sur fond de rappels à l'ordre dénués d'effet de la présidente de la commission, M. Castaner a rappelé - une habitude là aussi - les suppressions de postes dans la police nationale sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy tout en piquant au vif le député des Alpes-Maritimes. 


"Je peux comprendre que vous viviez assez mal de ne pas être place Beauvau", a glissé acide Christophe Castaner avant de titiller M. Ciotti en comparant son bilan au conseil général des Alpes-Maritimes à celui de Christian Estrosi, son rival pour l'élection à la future mairie de Nice.

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