Conflit sur la pêche post-Brexit : "La France ne cédera rien", assure Emmanuel Macron

Conflit sur la pêche post-Brexit : "La France ne cédera rien", assure Emmanuel Macron

FRICTIONS - Emmanuel Macron ne compte pas céder. Alors que le contentieux sur les licences de pêche vis-à-vis de Londres n'est toujours pas réglé, il a déclaré ce vendredi que la France "ne lâchera pas ses pêcheurs".

Au lendemain de déclarations interprétées comme une capitulation par certains pêcheurs, Emmanuel Macron veut rassurer. "Nous allons continuer à nous battre, nous ne lâcherons pas nos pêcheurs", a-t-il assuré ce vendredi lors d'un déplacement dans le Nord. "On joue avec nos nerfs", a estimé le chef de l'État. "C'est un sujet de respect de la parole donnée. Les Britanniques ont signé des accords de retrait et sur les relations futures et ils doivent les respecter."

"La Commission (européenne) doit nous protéger. Ça va trop lentement, ça va trop mollement", a regretté le président français, en prévenant que si "la Commission ne joue pas son rôle, la France le fera".

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Pêche post-Brexit : le torchon brûle entre la France et le Royaume-Uni

À Bruxelles, "on parle plus du protocole irlandais (un autre point de friction entre l'UE et le Royaume-Uni, ndlr) que de la question de la pêche", révélait jeudi à l'AFP Éric Maurice, responsable du bureau de Bruxelles de la Fondation Robert Schuman qui considère que la France n'est pas isolée.

"Tout le monde est bien conscient à Bruxelles et dans les États membres que c'est une question plus générale de respect par les Britanniques des accords Brexit", estime-t-il, "et tout le monde sait très bien qu'on est face à un partenaire qui ne respecte pas forcément sa parole".

La France ne lâchera pas ses pêcheurs.- Emmanuel Macron

En attendant une éventuelle coopération des Britanniques, Emmanuel Macron assure ce vendredi que le gouvernement continuera d'accompagner et de protéger les pêcheurs en difficulté. "Détermination, fermeté, accompagnement : c'est la politique que l'on mène depuis le début. La France ne cèdera rien", a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt dans la journée, le secrétaire d'État aux Affaires européens Clément Beaune a déclaré à l'AFP  qu'il n'y avait "ni renoncement, ni reculade" de la part du gouvernement. "On continue à la fois la négociation et la pression. On demande le même nombre de licences". La France réclame toujours "entre 150 et 200 licences" et "maintient toutes les options ouvertes si le dialogue" n'aboutissait pas, a-t-il dit en référence aux différentes sanctions que pourraient décider Paris et l'Union européenne.

Des sanctions encore sur la table

En vertu de l'accord de Brexit signé fin 2020 entre Londres et Bruxelles, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans les eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu'ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l'ampleur des justificatifs à fournir. 

Dans les zones encore disputées, les gouvernements de Londres et des îles anglo-normandes ont accordé à ce jour près de 220 licences définitives. La France réclame encore quelque 150 licences (contre 170 il y a un mois), selon un décompte de l'AFP. Si la ministre de la Mer, Annick Girardin, a fait état d'avancées, notamment avec Guernesey, elle dénonce vigoureusement l'attitude de l'île voisine, jugeant "évident que Jersey ne respecte pas l'accord Brexit".

La France avait annoncé des sanctions à compter du 1er novembre à l'encontre de Londres et Jersey avant de les suspendre dans l'attente de l'issue d'une série de discussions. Clément Beaune doit échanger une nouvelle fois avec le secrétaire d'État britannique chargé du Brexit, David Frost, "d'ici la fin du weekend"

Ces sanctions, qui incluaient le non-accès des pêcheurs britanniques aux ports français et des contrôles renforcés sur les flux de marchandises entre le Royaume-Uni et la France, sont donc toujours sur la table, a relevé Clément Beaune.

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Dans l'attente de l'obtention des droits de pêche, Annick Girardin a évoqué jeudi un plan d'indemnisation pour les pêcheurs qui perdraient leurs licences pour les eaux britanniques. Ces propos ont provoqué la colère des professionnels, y voyant un aveu implicite par la France de sa "défaite".

Environ un quart des prises françaises (hors Méditerranée) en volume (environ 20% en valeur) proviennent des eaux britanniques, très poissonneuses. 

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