Pendant son allocution sur Notre-Dame, Macron a fait passer quelques messages aux Gilets jaunes

Politique

DÉSIR D'UNION - Dans son allocution diffusée mardi à 20 heures et consacrée au drame de Notre-Dame-de-Paris, le président de la République a adressé quelques messages d'union aux Français. Difficile de ne pas y voir des allusions aux Gilets jaunes, qui manifestent depuis maintenant cinq mois.

Il devait prendre la parole lundi soir pour annoncer ses conclusions au Grand débat national. Il se sera finalement exprimé 24 heures plus tard, mais pour évoquer le terrible incendie qui a détruit une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi en fin de journée. "Je revendrai vers vous comme je m’y étais engagé, dans les jours prochains, pour que nous puissions agir collectivement suite à notre Grand débat", a annoncé le président de la République lors de son allocution. Pourtant les Gilets jaunes, dont la contestation est à l'origine du Grand débat national, n'étaient pas totalement absents de l'intervention présidentielle.

Dès le début de son message aux Français, Emmanuel Macron se réjouit d'avoir vu un peuple uni. "Ce que nous avons vu, cette nuit, ensemble, à Paris, c’est cette capacité de nous mobiliser, nous unir, pour vaincre", a-t-il déclaré, exprimant comme une forme de regret que cette union se fissure chaque samedi depuis le 17 novembre, date de la première manifestation des Gilets jaunes.

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"L’incendie de Notre-Dame nous rappelle que notre histoire ne s’arrête jamais, jamais, et que nous aurons toujours des épreuves à surmonter. Ce que nous croyons, en quelque sorte, indestructible, peut aussi être atteint", a poursuivi le chef de l'Etat, faisant possiblement allusion à la démocratie et aux institutions françaises, contestées et attaquées par certains Gilets jaunes. "Tout ce qui fait la France, matériel et spirituel, est vivant ; et pour cette raison-même est fragile. Et nous ne devons pas l’oublier. Et c’est à nous, les Françaises et les Français d’aujourd’hui, qu’il revient d’assurer au long du temps cette grande continuité qui fait la Nation française."

Pas d'impatience

Ensuite, Emmanuel Macron a enjoint les Français à ne pas se montrer trop impatients. "Après le temps de l’épreuve, viendra celui de la réflexion puis celui de l’action. Mais ne les mélangeons pas, ne nous laissons pas prendre au piège de la hâte" a glissé Emmanuel Macron, qui avant son intervention du 10 décembre 2018, au cours de laquelle il avait annoncé un plan de 10 milliards d'euros pour booster le pouvoir d'achat, avait été accusé de ne pas réagir assez rapidement, et de ne pas écouter ses concitoyens. 

"J’entends comme vous, je sais toutes les pressions, je sais en quelque sorte l’espèce de fausse impatience qui voudrait qu’il faut réagir à chaque instant, pouvoir dire les annonces qui étaient prévues à telle date. Comme si être à la tête d’un pays n’était qu’administrer des choses. Et pas être conscient de notre histoire, du temps, des femmes et des hommes. Je crois très profondément qu’il nous revient de transformer cette catastrophe en occasion de devenir tous ensemble, en ayant profondément réfléchi à ce que nous avons été et à ce que nous avons à être : devenir meilleurs que nous ne le sommes. Il nous revient de trouver le fil de notre projet national, celui qui nous a fait, qui nous unit, un projet humain, passionnément français," a-t-il conclu, laissant là encore transparaître son désir d'union, d'unité, son envie de voir son peuple uni. Et unanimement derrière lui ?

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