"Penelopegate" : un an après, où en est l'enquête ?

"Penelopegate" : un an après, où en est l'enquête ?
Politique

JUSTICE - En janvier 2017, les révélations du Canard enchaîné avaient fait voler en éclats la campagne présidentielle de François Fillon. Sauf que, un an plus tard, l'enquête piétine et la contre-attaque promise par le camp Fillon, elle, se fait toujours attendre.

"Les enquêteurs ont tout effectué en quelques semaines, aujourd'hui il ne se passe plus rien". Selon Antonin Levy, l'avocat de François Fillon, le "Penelopegate" serait au point mort. Un an après le début de cette affaire, qui avait fait voler en éclats la campagne présidentielle du candidat tourne en effet au ralenti.

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Depuis cet été, les auditions seraient en effet au point mort. "Une dizaine de personnes ont été entendues sans que cela donne lieu à de nouvelles poursuites", d'après une source proche du dossier contactée par l'AFP, qui espère que les investigations seront bouclées "courant 2018". Les dernières en date se sont concentrées sur la société 2F Conseil créée en 2012 par François Fillon, les enquêteurs s'interrogeant sur d'éventuels conflits d'intérêts. Des perquisitions se sont déroulées chez plusieurs de ses clients, notamment l'assureur Axa, dont l'ex-PDG Henri de Castries est un ami de l'ex-Premier ministre.

Aucun recours déposé par le camp Fillon

L'objectif des enquêteurs ? En savoir plus sur les soupçons d'emplois fictifs de l'épouse de François Fillon. Des soupçons qui ont débuté trois mois avant le premier tour de la présidentielle dans le Canard Enchainé : Penelope Fillon a été employée pendant de nombreuses années comme assistante parlementaire de son mari ou du suppléant de ce dernier, Marc Joulaud. De 1986 à 2013, la discrète Galloise, sans profession connue jusque-là, a perçu 680.380 euros net. Des salaires qui ne seraient pas justifiés par le travail accompli. L'hebdomadaire révèle aussi de possibles abus de biens sociaux, car Penelope Fillon a été embauchée de mai 2012 à décembre 2013 à La Revue des deux mondes, propriété de l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, proche de l'ex-Premier ministre. Le parquet national financier (PNF) ouvre une enquête.  Les premières investigations aboutissent à la mise en examen du couple Fillon, de Marc Joulaud et Marc Ladreit de Lacharrière.

Dénonçant une enquête tellement entachée d'irrégularités qu'elle en devient "nulle", le camp Fillon avait promis une contre-attaque, annonçant envisager une série de recours. Il remettait en question la compétence du PNF et faisait valoir que le délit de détournement de fonds publics, pour lequel l'ex-candidat est mis en examen, n'était pas applicable à un député. Sauf que, un an plus tard, cette menace n'a pas été mise en application : "Aucun recours n'a été déposé. Son avocat préfère sans doute réserver ses arguments lors d'un éventuel procès", a souligné à l'AFP une source proche du dossier.

"Une absurdité"

Autre élément de cette affaire : la Cour de cassation. Cette dernière, saisie par cinq sénateurs de l'ex-UMP, après que la cour d'appel de Paris a jugé qu'un parlementaire pouvait bien être poursuivi pour détournements de fonds publics, n'a toujours pas tranché cette question délicate.

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Enfin, plusieurs volets de l'enquête ne semblent pas devoir prospérer. "Sur les costumes, d'éventuels faux ou 2F Conseil, mon client n'est pas poursuivi, les enquêteurs n'ayant rien trouvé à redire", assure Me Levy. Quant à l'emploi de ses enfants Charles et Marie Fillon, l'ex-Premier ministre "est mis en examen mais pas ses enfants, ce qui est une absurdité", ajoute l'avocat. François Fillon, 63 ans, a rejoint en septembre la société de gestion d'actifs et d'investissement Tikehau Capital et a dissout fin décembre 2F Conseil. Il est aujourd'hui retiré de la vie politique.

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