1,13 million de plus-value : Muriel Pénicaud a-t-elle profité d'un plan social chez Danone ? Elle dénonce "des amalgames"

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PROFIT - La ministre du Travail Muriel Pénicaud a été épinglée, ce jeudi, par le journal "L'Humanité", pour avoir acheté à bas-prix puis revendu ses actions chez Danone. Une vente survenue après l'annonce de la suppression de 900 postes, qui lui a permis de réaliser une plus-value de 1,13 million d'euro. La ministre, elle, dénonce "des amalgames"

C'est une révélation qui fait tâche. Selon le journal L'Humanité, la ministre du Travail Muriel Pénicaud, a empoché plus d'un million d'euros en un seul jour, alors qu'elle était DRH de Danone, en revendant ses stock-options après une forte remontée du cours en bourse de l'action. Une remontée causée par l'annonce de la suppression de 900 postes au sein du géant de l'alimentation.

L'Humanité, qui a consulté les comptes de la multinationale, explique que l'actuelle ministre du Travail a choisi, le 30 avril 2013, d'acquérir 55.120 actions Danone pour un prix de 34,85 euros par action. Ce prix avait été garanti à Muriel Pénicaud quatre ans auparavant, au moment où l'action était au plus bas. Le cours réel de l'action, ce 30 avril 2013, était de 58,41 euros. Et Muriel Pénicaud a choisi de revendre aussitôt ses actions au prix réel.


Résultat : une plus-value de 1,129 million d'euros. Dans le détail, les actions ont été achetées pour 1.920.932 euros et revendues 3.049.966,54 euros. La différence est de 1.129.034,54 euros exactement.

La levée des 'stock-options' (...) n'avait rien à voir avec l'annonce du plan de départL'entourage de la ministre

La pratique, légale, est dénoncée par des syndicats. Ces derniers critiquent également le timing de l'opération boursière de la ministre du Travail. Le 19 février 2013, quelques semaines avant que Muriel Pénicaud réalise sa plus-value, Danone a annoncé un "plan de restructuration", consistant entre autres en la "suppression de 900 postes managériaux et administratifs répartis dans 26 pays européens". Une annonce qui a fait bondir le cours en bourse de l'action Danone et donc augmenté encore plus la plus-value de Muriel Pénicaud. 

Autre motif de colère : la santé financière de Danone. Selon Jocelyne Hacquemand, secrétaire de la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, interrogée par Europe 1, "Danone se portait très, très bien. C'est uniquement pour des raisons de rentabilité financière à court terme que ces emplois ont été supprimés". En 2012, le chiffre d'affaires de Danone dépassait pour la première fois les 20 milliards d'euros à 20,86 milliards, en progression de 5,4%, pour un bénéfice stable de 1,81 milliard d'euros.


Interviewée par Le Figaro, la ministre du Travail a dénoncé des "amalgames". "Soyons clairs, l'attribution du plan de stock-options évoqué dans la presse est bien antérieure à l'annonce du plan de départs volontaires et n'a aucun lien avec ce dernier." 


Un peu plus tôt dans la journée, le cabinet de Muriel Pénicaud a confirmé à LCI que "cette levée des stock-options a bien eu lieu en 2013", mais fait savoir que l'actuelle ministre était "dans son droit" et qu'elle a pris cette décision "en toute transparence". Son entourage avance également que "plusieurs semaines" séparent l'annonce du "plan de restructuration" de la revente des stock-options, et justifie le plan de restructuration de Danone car "sa marge n'allait pas bien". Enfin, son cabinet souligne que les 1,13 million d'euros touchés par Muriel Pénicaud sont "une somme brute" et que l'actuelle ministre a payé des impôts dessus. 

Déjà concernée par une enquête pour favoritisme qui porte sur un déplacement d'Emmanuel Macron à Las Vegas, Muriel Pénicaud doit également porter la réforme du code du travail voulue par la majorité, et qui est déjà très contestée par l'opposition de gauche. 

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