Philippe Besson consul à Los Angeles : qui sont les "copains" nommés à des postes diplomatiques par les gouvernements ?

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COPINAGE ? - La nomination de l'écrivain Philippe Besson au poste de consul général à Los Angeles fait grincer des dents dans l'opposition, qui dénonce du "copinage". Mais des gouvernements français de tous bords ont déjà nommé des proches à des postes diplomatiques prestigieux.

La Cité des Anges attire les convoitises. Fief des grandes stars hollywoodiennes et symbole du rêve américain, elle est aussi un terrain apprécié des diplomates français et s'apprête à accueillir un nouveau venu. L'écrivain Philippe Besson va y prendre ses quartiers : il a été nommé consul général de France à Los Angeles par le gouvernement.


Un départ pour le Nouveau Monde qui ressemble à retour à une vieille tradition. Ce n'est en effet pas la première fois qu'un poste aussi prestigieux est attribué à un "copain" de l'Elysée. Un certain nombre de proches des gouvernements, collaborateurs de l'Elysée ou acteurs de la société civile - et parfois novices en matière de diplomatie - ont déjà été propulsés au rang d'ambassadeur ou de consul. 

"Nous l'avons fait aussi", réagit ainsi Jack Lang sur LCI. L'ancien ministre socialiste souligne la "normalité" de cette nomination, faisant référence à celle, en 1982, de l'écrivain et animateur radio François-Régis Bastide - très proche de Michel Rocard - lors du premier mandat de Mitterrand. 

David Martinon, exilé politique à Los Angeles

Plus récemment, David Martinon, l'ancien porte-parole de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy, avait fait parler de lui en 2008. Sa nomination au poste que va occuper Philippe Besson, à Los Angeles, avait suscité les mêmes accusations de copinage. Très proche de Cécilia Sarkozy, David Martinon, celui que l'on surnommait à l'époque la "voix du président" - avant de tomber en disgrâce - avait accédé à ce poste prestigieux à l'âge de 36 ans. Mais cette nomination correspondait aussi à un exil politique, une manière de l'écarter du gouvernement. 

Romanciers diplomates, l'excuse de la "tradition française"

En réponse aux critiques de l'opposition sur cette nomination qu'elle assimile à du copinage, le porte-parole du gouvernement défend l'ouverture de la diplomatie française à des "profils différents, venus de la société civile, du monde de la culture". Benjamin Griveaux précise par ailleurs que Philippe Besson n'est pas le premier écrivain à être hissé à un tel poste, et insiste sur le fait que placer des hommes ou des femmes de lettres à ce type de poste relève d'une "tradition française". 


Il évoque ainsi les romanciers Jean-Christophe Rufin et Daniel Rondeau, nommés sous le mandat Sarkozy ambassadeurs au Sénégal et en Gambie pour le premier, et à Malte pour le second - qui n'avait par ailleurs pas d'expérience préalable dans ce domaine. Tous deux étaient proches du Quai d'Orsay, à l'époque dirigé par Bernard Kouchner. Le porte-parole du gouvernement ajoute à sa liste d'exemples Olivier Poivre d'Arvor, écrivain nommé ambassadeur en Tunisie par le gouvernement Jospin.


L'écrivain Romain Gary avait lui aussi été nommé en 1982 consul à Los Angeles. Celui qui s'était illustré durant l'Occupation n'avait toutefois aucun rapport avec le Quai d'Orsay avant sa nomination. 

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