Philippe Doucet (député PS) : "Manuel Valls nous a entendus"

Philippe Doucet (député PS) : "Manuel Valls nous a entendus"

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INTERVIEW – A quelques heures du vote consultatif sur le plan d'économies de Manuel Valls mardi à l'Assemblée, les divisions persistent au sein de la majorité socialiste. Interrogé par metronews, le député PS du Val-d'Oise, Philippe Doucet, se dit "rassuré" par les concessions faites lundi par le Premier ministre.

Philippe Doucet, député PS du Val-d'Oise, est instigateur de l'appel des 20 qui vise à soutenir le plan d'économies de Manuel Valls débattu mardi à l'Assemblée nationale.

Que pensez-vous des concessions faites lundi par Manuel Valls sur le plan d'économies ?
Je ne sais pas si ce sont vraiment des concessions. Mais en lisant sa lettre, on voit que que Manuel Valls nous a entendus. C'est un peu la synthèse des échanges que les députés ont eus avec lui, (Philippe Doucet et d'autres députés avaient notamment déjeuné avec le Premier ministre mercredi, ndlr). La problématique de justice sociale est bien abordée, plusieurs pas sont faits.

"Nous n'allons pas changer de Premier ministre toutes les trois semaines"

Vous avez lancé "l'appel des 20" publié dimanche pour soutenir ces 50 milliards d'euros d'économies. Est-ce à dire que le plan initial, avant même les concessions de ce lundi, vous convenait ?
Non mais je savais que des ajustements allaient être faits, sinon pourquoi Manul Valls recevait-il les députés ? La contestation de certains députés s'exprime surtout contre le mode de fonctionnement entre le gouvernement et le Parlement. Et ces problèmes ne datent pas d'aujourd'hui. Quand vous avez des ministres qui ne vous répondent pas, des cabinets qui vous méprisent, oui je suis d'accord que cela ne peut plus fonctionner comme cela. Mais l'attitude de Manuel Valls montre que nous pouvons travailler ensemble et qu'il avance sur cette question.

Les députés frondeurs contestent aussi et surtout le fait que les ménages les plus modestes soient selon eux fragilisés...
Oui, j'entends ce message. Mais quand certains députés expliquent qu'ils auraient voté un plan de 35 milliards d'euros d'économies plutôt que de 50 milliards, je suis dubitatif. Allez expliquer cela aux Français ! C'est un plan d'économies avant d'être un plan d'austérité. Ce n'est pas une rigueur à la britannique ou à l'espagnole, ni la politique proposée par la droite, qui exige environ 100 milliards d'économies.

Vous êtes confiant quant au vote des députés socialistes mardi ?
Cette fronde ne vise pas Manuel Valls, mais son plan qui a été écrit avant. Le Premier ministre a montré dans sa lettre qu'il avait bougé sur le fond, avec les mesures sur les petites retraites, sur le salaire des fonctionnaires... Je pense qu'il a pu rassurer certains d'entre nous qui doutaient. C'est très important, car on ne peut pas avoir un gouvernement affaibli quelques semaines seulement après son installation. Si mardi nous n'avons pas un vote clair et majoritaire, comment fait-on ? Nous n'allons pas changer de Premier ministre toutes les trois semaines.

Le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux, a annoncé qu'il pourrait sanctionner les frondeurs. Que pensez-vous de cette initiative ?
Je pense que c'est inopérant. Moi je ne serais pas rentré dans ce débat-là. Je pense que le travail collectif d'échanges est primordial, car une seule chose est sûre : nous échouerons ou nous réussirons ensemble.

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