Financement des retraites : "On veut bien discuter, mais dans un cadre ouvert", affirme Philippe Martinez

Financement des retraites : "On veut bien discuter, mais dans un cadre ouvert", affirme Philippe Martinez
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La réforme des retraites d'Emmanuel Macron

RETRAITES - Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez était l'invité de la matinale de LCI ce mardi 14 janvier. Il a de nouveau fustigé une réforme des retraites "que personne ne comprend", et promet que ces prochains jours, les taux de grévistes augmenteront de nouveau.

Philippe Martinez, qui réclame le retrait pur et simple de la réforme des retraites, a été peu sensible au geste d'Edouard Philippe envers les syndicats à propos de l'âge pivot. "Le courrier du Premier ministre il est clair, c’est que rien ne change. Il nous dit que sa réforme est juste et simple (…) mais plus les jours passent et plus personne n’est capable d’expliquer la simplicité de cette réforme. Elle n’est pas juste. Là, il tente un coup de poker pour nous expliquer qu’il est ouvert à la discussion sur le financement des retraites, mais sur le fond il cadre la discussion en disant 'pas question de revenir sur les cotisations'. Or augmenter les salaires, c’est augmenter automatiquement les cotisations."

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Le secrétaire général de la CGT regrette que le gouvernement impose des discussions cadrées. "Le Premier ministre nous dit 'il faut trouver l’équilibre mais pas question de faire ça, pas question de faire ça'. On est d’accord pour discuter, organisons une réunion, appelez-là comme vous voulez pour faire plaisir à Laurent Berger, vous exposez votre projet avec votre financement, et nous exposons le nôtre avec notre financement." Mais "le lendemain, on reçoit un courrier dans lequel il dit 'je fais ce que je veux et on va discuter dans un cadre que j’ai décidé'", regrette Philippe Martinez. "On veut bien discuter mais dans un cadre ouvert, explique-t-il, précisant que la présence ou non de son syndicat à la conférence de financement serait décidée avec la base.

"41 jours de grève, ça pèse"

Alors qu'hier le taux de grévistes à la SNCF était de 4,3%, Philippe Martinez a promis un rebond ces prochains jours. "41 jours de grève ça pèse, évidemment. Vous allez voir qu’aujourd’hui, demain et après-demain il va y avoir des taux de grévistes qui vont remonter, mais pas qu’à la SNCF."

Interrogé sur les divisions de la CGT avec la CFDT, qui après avoir fait front contre le gouvernement est satisfaite de sa récente main tendue, Philippe Martinez a répondu : "Vous savez depuis le début que nous n’avons pas la même approche. Il y a eu un concours de circonstances qui a fait qu’une journée, la CFDT et l’Unsa ont dit 'on va défiler aussi". Mais sur le fond on n’est pas d’accord. La CFDT trouve que le système à points est une bonne chose, nous nous disons que le système actuel est bon, il faut juste l’améliorer et pour l’améliorer il faut des financement."

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Philippe Martinez pense également que la CFDT a déjà poussé les Français à travailler plus longtemps. "Aujourd’hui, malgré un âge légal de 62 ans, de nombreux travailleurs et travailleuses sont obligés de travailler plus longtemps parce que s’ils partent à l’âge légal, ils n’ont pas la pension suffisante pour vivre. Ce sont les réformes Touraine du gouvernement précédent. Est-ce qu’il y a eu beaucoup de voix, à part la nôtre, pour s’élever contre ça ?"

Enfin, questionné sur son soutien ce lundi aux trois grévistes convoqués par la RATP pour avoir proféré des insultes homophobes contre un collègue en décembre dernier, Philippe Martinez s'est défendu. "Ce n'est digne ni de l'action syndicale ni de la société. On ne peut tolérer ni des propos homophobes ni sexistes." Mais, "c'est d'abord une sanction contre des grévistes", a-t-il estimé.

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