Philippe se dit favorable à un débat sur la mise en place de "contreparties" aux aides sociales, une députée s'en émeut

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ALLOCATIONS - Ce vendredi lors d'un déplacement dans le Finistère, le Premier ministre Edouard Philippe s'est dit favorable à un débat sur la mise en place de "contreparties" aux aides sociales en France. Une prise de position qui n'a pas plu à la députée LREM Olga Givernet.

Faut-il aller plus loin que le contrôle des chômeurs ? Edouard Philippe a ouvert la porte à la tenue d'un débat sur les possibles "contreparties" que l'Etat pourrait demander aux bénéficiaires d'allocations. "Moi, ma conviction personnelle c'est que compte tenu de l'importance de nos mécanismes de solidarité, compte tenu de nos finances publiques, compte tenu de la situation d'un pays qui est en croissance mais qui reste avec un taux de chômage élevé, il faut qu'on s'interroge sur ces contreparties, il faut que l'on regarde ce à quoi on peut réfléchir avec nos concitoyens comme contrepartie au versement obligatoire" a déclaré le Premier ministre, reconnaissant lui-même que le sujet était "explosif".


Lors de sa rencontre avec des dirigeants de PME à Plomordiern, dans le Finistère, Edouard Philippe a été interrogé à de nombreuses reprises sur les difficultés de recrutement, des cas de refus de CDI ou sur l'incitation financière jugée trop faible à travailler. "C'est indispensable d'avoir des mécanismes de solidarité pour ceux qui sont dans la difficulté, il ne s'agit pas de revenir en arrière, il s'agit de s'interroger sur 'est-ce que cette solidarité elle peut s'accompagner de contreparties, d'activités, d'activités d'intérêt général?'" a ajouté le Premier ministre.

"Une vraie belle question politique"

"Qu'est-ce qu'on demande à ceux qui bénéficient de la solidarité, est-ce qu'on demande quelque chose, et si oui, quoi ? A mon sens c'est une vraie belle question politique, c'est pas de la mécanique, c'est pas de la tuyauterie" a-t-il estimé.


Pour essayer de couper court à toute polémique, Matignon a indiqué que ces réflexions s'inscrivait dans la philosophie de la politique menée par le gouvernement. Alors que ce dernier a déjà poussé plus loin le contrôle des chômeurs, il pose la question d'aller plus loin ou pas. Syndicats et patronats ont jusqu'à fin février pour parvenir à un accord sur une réforme de l'assurance-chômage. 


Précision qui n'a pas empêché la députée LREM de l'Ain Olga Givernet de faire valoir ses réserves sur la méthode employée par le chef du gouvernement, sans s'engager sur le fond. "Il est dommage que le Premier ministre se serve de ce cadre pour glisser des idées qui lui sont propres et qui n'engagent en aucun cas la majorité", a-t-elle écrit dans un communiqué, à la fin duquel, "certaine qu'il s'agit là d'une maladresse", elle "encourage" gouvernement et majorité à "poursuivre leurs efforts" pour que le Grand débat national soit une "réussite".

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