Pitié-Salpêtrière : quand Gérard Collomb fait la leçon à Christophe Castaner, son successeur à l'Intérieur

Politique

TACLE - Invité jeudi 9 maide la matinale d'Europe 1, l'ancien ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a réagi à l'action de son successeur Christophe Castaner au ministère de l'Intérieur. Plutôt sévèrement.

De nature discrète depuis son départ du gouvernement, Gérard Collomb fait des sorties remarquées quand il en a l'occasion. Il l'a démontré une fois de plus, jeudi 9 mai sur Europe 1. Invité à réagir aux récentes polémiques qui ont émaillé l'action de Christophe Castaner depuis qu'il a pris ses fonctions, le maire de Lyon a tancé, non sans scrupules, le bilan de son successeur. "Il peut commettre un certain nombre d'erreurs et il faut qu'il fasse attention", a-t-il prévenu.

Une référence non voilée aux propos du ministre de 'l'intérieur après les événements du 1er-Mai à l'hôpital de la Salpêtrière. Christophe Castaner avait en effet parlé "d'attaque" après une "intrusion" de manifestants dans l'hôpital, avant de se rétracter le surlendemain, reconnaissant avoir été un peu vite en besogne. "Je n'aurais pas dû employer le mot 'attaque' (…) 'Attaque', c'est le mot qui m'est venu après avoir rencontré le personnel sur place" avait-il dit, précisant que cela ne lui posait "aucun problème" de revenir sur ses dires.

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"Pas obligé de communiquer tous les jours"

Peut-être un peu trop facile pour son prédécesseur, qui connaît l'importance de la fonction. "Lorsque vous êtes au ministère de l'Intérieur, tout pèse", a averti Gérard Collomb, glissant au passage un petit tacle au mouvement des Gilets jaunes. "Si vous faites une réflexion hasardeuse, cela renforce la tendance 'gilets jaunes'. Il faut faire attention à être totalement inattaquable."

Mercredi 8 mai, Emmanuel Macron se serait montré plutôt agacé par l'attitude de son ministre selon Le Canard enchaîné, qui lui aurait demandé "d'éviter les micros et de tweeter un peu moins". Un conseil que Gérard Colomb semble partager. "On n'est pas obligé, lorsqu'on est ministre de l'Intérieur, de communiquer tous les jours", dit-il.

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L'ancien ministre de l'Intérieur a terminé en défendant son bilan lui qui, du temps de son passage à Beauvau, ne s'économisait pas non plus en matière de polémiques ("benchmarking" des migrants, manifestants "passifs" face aux casseurs...) : "Nous avons fait attention, à l'époque, à ce que la situation soit gérée au plus près possible".

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