Plan climat : prime à la casse, taxe carbone, électricité "maison"... Nicolas Hulot dévoile ses mesures pour l'environnement

ECOLOGIE - Le ministre de la Transition énergétique Nicolas Hulot a présenté jeudi l'ensemble des mesures destinées à adapter la France aux enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique. Au menu : le retour des primes à la casse pour les véhicules polluants, la hausse de la taxe carbone ou encore l'incitation à l'autoproduction d'électricité. LCI fait le point.

Nicolas Hulot a fait sienne la méthode du funambule : "Ne pas regarder ses pieds mais regarder loin". En énonçant ce principe, jeudi, le ministre de la Transition écologique et solidaire a en effet regardé très loin, lors de la présentation de sa loi destinée à adapter la France aux enjeux du réchauffement climatique. "De nombreux choix ne seront pas immédiatement compréhensibles si on ne les inscrit pas dans le long terme", a justifié l'écologiste. 


Le ministre, qui a indiqué que la France considérait comme "irréversibles" les accords de Paris sur le climat (Cop21), a pris plusieurs rendez-vous de longue portée : la France vise la fin de l'exploration de pétrole en 2040, la fin de la commercialisation des véhicules essence et diesel également en 2040, et la "neutralité carbone" à l'horizon 2050. 


Pour atteindre ces objectifs, il a énoncé une série des mesures incitatives ou contraignantes, dont LCI vous résume ici les principales propositions, dont certaines seront précisées dans la prochaine loi de finances. 

Retour de la prime à la casse

Sans anticiper le montant des aides, Nicolas Hulot a annoncé "l'accélération" des aides pour l'acquisition de voitures les moins polluantes, en particulier pour les ménages "les plus modestes". Le gouvernement proposera "à chaque Français" une "prime de transition" pour les véhicules diesels immatriculés avant 1997 et les véhicules essence immatriculés avant 2001, en cas de remplacement par un véhicule "plus propre", qu'il soit neuf ou d'occasion. 

Priorité aux transports en commun

Le plan climat français prévoit, là encore sans donner de gages financiers pour l'heure, de donner la priorité à l'amélioration des transports en commun du "quotidien", une priorité déjà annoncée par Emmanuel Macron lors de l'inauguration de la LGV Paris-Rennes la semaine dernière


Les investissements concerneront aussi "l'entretien des réseaux routiers et ferrés" et le report du transport de frêt routier vers le ferroviaire. 

Rénovation thermique et production d'électricité "maison"

Le projet prévoit en outre des mesures d'investissement - soit 4 milliards d'euros - pour faire "disparaître dans les dix ans les passoires thermiques" dans les logements. 


En outre, Nicolas Hulot a annoncé que le gouvernement irait "beaucoup plus vite et beaucoup plus loin" dans le soutien à la production et à la consommation locale d'électricité (comme par exemple l'usage des panneaux photovoltaïques). "On aidera également les quartiers et les zones rurales à produire et à consommer leur propre énergie, biogaz ou énergie solaire", a précisé le ministre.

Fin du charbon, fin de l'exploration des énergies fossiles

Le plan climat du gouvernement prévoit, "d'ici 2022", la fin de toute production d'électricité par l'utilisation de charbon, sous forme de "contrats de transition" destinés à "accompagner les salariés" des filières concernées. 


L'Etat va également mettre un coup d'arrêt définitif à l'exploration des sous-sols (et notamment des gaz de schiste) en interdisant "tout nouveau projet d'exploration de pétrole, de gaz, de charbon, y compris pour les énergies non conventionnelles". "En 2040", anticipe Nicolas Hulot, "les puits seront taris". Une loi sera déposée "à la fin de l'été ou au début de l'automne" pour matérialiser cette interdiction.

Aide à l'économie circulaire

Parmi les mesures incitatives, le gouvernement va également fixer en 2018 une "feuille de route" afin de soutenir l'économie circulaire, dont le principe est de faire en sorte "que les déchets puissent devenir des ressources". "Nous devons créer les conditions pour que cette révolution industrielle majeure trouve son déploiement", a énoncé Nicolas Hulot, évoquant la création d'une aide aux petites entreprises. 

Hausse de la taxe carbone

Sans détailler le montant de la hausse de la taxe carbone (un montant de 40% de hausse a été mentionné dans la presse), Nicolas Hulot a confirmé le souhait du gouvernement de "renforcer le prix du carbone" au profit de "l'économie verte". Tout en garantissant que de nombreuses "mesures d'accompagnement" seront prises pour les personnes en situation difficile, dont un "chèque énergie". L'impact sera visible dans les logements et, bien sûr, dans les transports. 


Le gouvernement a également pris la décision de faire converger la fiscalité du diesel et celle de l'essence "avant la fin du quinquennat".

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