Plus écolo que l'avion, le train de nuit fait son come-back : mais à quel prix ?

Lors de son interview du 14 juillet, Emmanuel Macron a voulu donner la priorité aux trains sur les autres moyens de transport. Le chef de l'État a notamment souhaité le rétablissement de certaines petites lignes ainsi que la relance des trains de nuit.
Politique

TRANSPORT - Emmanuel Macron a assuré vouloir relancer les trains de nuits. Un rapport du gouvernement à ce sujet doit être présenté à la fin de l'été. Le collectif Oui au train de nuit, qui milite pour le retour de ce mode de transport, chiffre l'investissement à 1,5 milliard d'euros.

Le train de nuit, bientôt remis au goût du jour ? Lors de son entretien télévisé du 14-Juillet, le président de la République a indiqué qu’il souhaitait "redévelopper massivement" le fret ferroviaire, les trains de nuit et les petites lignes, "parce que tout ça permet de faire des économies" et de "réduire nos émissions" de gaz à effet de serre. Le redéploiement de ce mode de transport figure en bonne place dans la liste des demandes de la convention citoyenne pour le climat, dont Emmanuel Macron s’est engagé à reprendre 146 des 149 propositions. Ce n’est donc pas hasard si le chef de l’Etat a choisi d’en faire l’un des axes de sa politique de transition énergétique.

Les prix prohibitifs des billets de TGV, la culpabilité liée au "flygskam" (en français, la honte de prendre l’avion) ou encore son aspect économique et pratique - il permet d'économiser une nuit d'hôtel - plaident aujourd’hui en faveur de ce mode de transport. Reste un frein : le redéploiement des lignes nocturnes sur notre territoire suppose des investissements. Selon le collectif "Oui au train de nuit", qui milite pour le retour de ce mode de transport, la facture se chiffre à 1,5 milliard d'euros, notamment pour acheter de nouvelles voitures dotées de couchettes. Contactée par LCI, la SNCF n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

Nous allons dans les semaines, dans les mois qui viennent avoir une politique de promotion et de redynamisation des trains de nuit.- Le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari.

Il y a encore une dizaine d’années, toutes les régions ou presque étaient desservies par feu Lunéa, le réseau nocturne de la SNCF. Depuis 2017 et l'abandon par l'Etat de plusieurs lignes historiques, l’opérateur ferroviaire n'exploite plus que deux lignes nocturnes en France : de Paris à Briançon (Hautes-Alpes) et de Paris à Rodez, Cerbère (Pyrénées-Orientales) et Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales). Un plan de rénovation de 30 millions d’euros avait été présenté en septembre 2018 par la ministre des Transports de l’époque, Élisabeth Borne. Celui-ci prévoit une modernisation des rames qui seront équipées de Wi-Fi et de prises électriques individuelles. 

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Cette fois, l’exécutif entend aller plus loin. "Nous allons dans les semaines, dans les mois qui viennent avoir une politique de promotion et de redynamisation des trains de nuit", a déclaré le 17 juin le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari (devenu depuis ministre délégué). Un rapport du gouvernement sur les perspectives d'une relance de ce mode de transport doit justement être présenté au Parlement à la fin de l’été. Celui-ci doit notamment fixer "les conditions d'une amélioration de l'offre des trains de nuit au regard de leur intérêt pour répondre aux besoins de désenclavement des territoires les plus éloignés des grands axes de circulation (...) et pour réduire l'empreinte écologique".

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Un peu partout en Europe, le train de nuit reprend peu à peu du service. La société autrichienne OBB multiplie depuis plusieurs années les ouvertures de lignes de nuit. Elle propose une large offre de voyages en train de nuit, en Allemagne, en Suisse, en Italie ainsi qu'en Autriche et projette même de desservir Paris en 2024. La Suède a également débloqué 4,7 millions d’euros pour relancer des trains de nuit sur son territoire. Dernièrement, la Caledonian Sleeper, une compagnie subventionnée par le gouvernement écossais, a quant à elle investi 170 millions d’euros pour développer un service de train couchettes au Royaume-Uni. Le train de nuit n'a pas dit son dernier mot, loin de là !

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