Plutôt que d'"ensauvagement", Macron préfère parler de "banalisation de la violence"

Plutôt que d'"ensauvagement", Macron préfère parler de "banalisation de la violence"

DELINQUANCE - Devant la presse chargée du suivi de l'actualité de l'Elysée, Emmanuel Macron a disserté sur une séries de thèmes d'actualité. Parmi eux, la dénonciation de la délinquance qui, à en croire, l'extrême droite, la droite et son ministre de l'Intérieur, est en recrudescence.

C'est un des débats de l'été, et le président de la République vient d'y prendre sa part. Alors que la droite et l'extrême droite dénoncent, contre la réalité des chiffres, une recrudescence de la violence dans notre société, et qu'une partie du gouvernement lui emboîte le pas en s'appropriant la thèse d'un "ensauvagement" du pays, Emmanuel Macron a mis partiellement ce concept à distance.

"Ceux qui critiquent sont ceux qui ont diminué les effectifs"

Lui préférant "une banalisation de la violence", il n'en a pas moins déploré le phénomène. "Quelque chose se passe dans notre société qui n'est pas neuf, mais qui, sans doute, s'est accéléré à la sortie du confinement, qui s'est durci", a-t-il ainsi estimé. Attaqué sur son bilan en matière d'insécurité par l'opposition de droite et d'extrême droite, il a défendu sa politique. En temporisant, dans un premier temps : "Un quinquennat, ça dure cinq ans". Et en mettant en valeur les décisions prises tout en taclant la droite et ses décisions sur le sujet : "Ceux qui critiquent sont souvent ceux qui ont diminué les effectifs de police : je n'ai pas attendu les commentaires pour les augmenter de 10.000".

Emmanuel Macron a également énuméré les violences auxquelles la société fait face depuis quelques temps. Celles qui sont "le fait de groupes plutôt organisés, extrémistes, qui se greffent dans les manifestations", évoque-t-il en référence aux violences qui émaillent les contestations sociales, qu'il s'agisse de la réforme du code du travail, du système de retraite ou les Gilets jaunes. Celle liée "à la drogue", en recrudescence après que "le Covid a déstabilisé beaucoup de réseaux". Et, enfin, "la violence du quotidien, avec les violences sur les personnes et sur les biens". Une violence dont il juge que les causes se trouvent dans "un changement anthropologique : d'abord banalisée sur les réseaux sociaux, elle se transcrit très rapidement sur le plan réel et physique".

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S'il réfute l'idée qu'il y ait "une solution magique" pour résoudre ces problèmes, Emmanuel Macron valorise en réponse au phénomène "une vraie politique éducative, de prévention, mais aussi une réponse républicaine, dans le respect des droits individuels, qui soit rapide et intelligible aussi bien pour la victime que pour" l'auteur présumé des faits. Dans son viseur, la lenteur de la justice, à laquelle il compte remédier "en embauchant plus de juges et de greffiers". "Ce n'est pas la faute des magistrats mais être convoqué devant un juge, douze ou 18 mois après un délit, ça n'a aucune vertu pédagogique".

Faut-il pour autant, comme l'ont fait Gérald Darmanin et dans une moindre mesure Marlène Schiappa, "d'ensauvagement" de la société ? Cette fois, Emmanuel Macron prend ses distances avec ce terme, usité par la droite et l'extrême droite, reprenant à nouveau la notion de "banalisation de la violence". Et de reprendre ses ministres : "Ce qu'ils voulaient dire, c'est qu'il y a quelque chose en profondeur qui se fragilise, dans le rapport à la civilité." 

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