Poitou-Charentes : à quoi correspondent les 132 millions d'euros manquants ?

Politique

FINANCES PUBLIQUES - Selon un audit publié jeudi soir, l'ex-région Poitou-Charentes a accumulé plus de 130 millions d'euros de factures impayées.

L'ex-Poitou-Charentes au banc des accusés. Jeudi soir, le président de la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC), Alain Rousset, a présenté les conclusions d'un audit des comptes des trois anciennes entités qui composent la nouvelle collectivité. Un rapport au vitriol qui, en quelques pages, déboulonne les comptes picto-charentais : épargne "quasi nulle", endettement qui s'est envolé, nombreux emprunts risqués, dépenses qui ne sont pas inscrites au budget, etc. Le cabinet pointe aussi du doigt les retards de paiement des factures qui, selon la région, atteindraient la somme de 132 millions d'euros.

A quoi correspondent ces sommes ? Florent Boudié, vice-président de la commission des Finances ALPC, contacté par metronews, donne des détails. Selon lui, 72 millions d'euros d'impayés correspondent à des dépenses de fonctionnement, les 60 millions restants étant destinés à des investissements de la région. Il donne d'ailleurs des éléments supplémentaires sur les postes concernés : "42 millions d'euros correspondent à des impayés sur l'éducation, les lycées, l'apprentissage et la formation professionnelle, et quatre autres millions étaient destinés aux agriculteurs". Ce sont d'ailleurs des entreprises du BTP qui avaient lancé l'alerte en début d'année , expliquant que certains travaux réalisés dans des lycées n'avaient jamais été payés.

Ségolène Royal défend son bilan

Ces manquements sont en passe d'être comblés, 90 % de ces créances ayant été honorées et le reste devant l'être "avant la fin du mois". Mais les nombreux éléments soulevés par le rapport d'audit auront sans nul doute un impact sur les prochains budgets de la région, et ne manqueront pas d'écorner l'image de bonne gestionnaire dont profitait Ségolène Royal, présidente de 2004 à 2014 de Poitou-Charentes. Début 2010, l'agence de notation des collectivités Public Evaluation System pointait ainsi la bonne politique fiscale menée dans cette région , avec des taux d'imposition stables et une dette sous contrôle.

Vendredi, la ministre de l'Ecologie est donc montée au créneau pour défendre son bilan, dénonçant des propos "diffamatoires et négatifs". Interrogée sur TF1 , elle a estimé que "la politique menée en Poitou-Charentes a longtemps dérangé car nous sommes les seuls à n'avoir pas augmenté les impôts". Selon les dirigeants actuels d'ALPC "noircissent" le tableau pour justifier des hausses d'impôts. Un second audit, plus poussé cette fois, ainsi qu'un rapport de la Chambre régionale des comptes, devraient permettre d'identifier les responsabilités dans cette affaire.

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