Polémique BarakaCity : "Le Supplément" répond à Najat Vallaud-Belkacem

Politique

LAÏCITÉ - Critiquée depuis une semaine pour sa réaction jugée trop faible face à Idriss Sihamedi, président de l'organaisation humanitaire islamique Barakacity, Najat Vallaud-Belkacem s'en était prise à l'équipe du Supplément, qui, selon elle, voulait faire du buzz avec cet invité. Dimanche, l'émission de Canal+ a rétorqué que la ministre connaissait à l'avance la liste des invités.

Les journalistes du Supplément de Canal+ ne se laissent pas faire. Mise en cause cette semaine par Najat Vallaud-Belkacem, l'équipe a vertement répondu dimanche à la ministre de l'Education dans la polémique sur l'association BarackCity.

Rappel des faits : dimanche dernier, Najat Vallaud-Belkacem, invitée du Supplément, assistait, médusée, à l'interview d'Idriss Sihamedi , président de l'association BarackaCity. L'humanitaire, qui se définit comme "salafiste quiétiste", expliquait aux journalistes qu'il ne serrait pas la main des femmes, et éprouvait quelques difficultés à dénoncer clairement les exactions de l'Etat islamique en Syrie.

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Se disant "mal à l'aise" en plateau, la ministre avait par la suite clairement condamné les propos du responsable associatif. Violemment attaquée par l'opposition pour sa "faiblesse" présumée, elle a également dû s'expliquer à l'Assemblée nationale. A l'occasion, elle a mis en cause le fait "d'inviter des gens infréquentables pour faire du buzz", se disant "indignée" de la "tribune" que Le Supplément avait réservé à Idriss Sihamedi.

"Nous avons eu raison"

Réponse, dimanche, d'Ali Baddou, le présentateur de l'émission : "Oui, nous avons eu raison d'inviter Idriss Sihamedi, simplement parce que notre travail ne se pratique pas en se voilant les yeux." Pas de mea culpa, donc, bien au contraire : "Nous continuerons à recevoir des hommes et des femmes dont les convictions peuvent heurter après avoir rappelé le contexte, mis en perspective". Le journaliste a enfoncé le clou, affirmant que l'équipe de la ministre avait été avertie en amont de la présence de l'invité gênant. Et qu'un collaborateur de Najat Vallaud-Belkacem avait même été mandaté pour faire quelques recherches sur le profil d'Idriss Sihamedi.

La ministre de l'Education aura tout de même trouvé un peu de réconfort ce dimanche… grâce à Jean-François Copé, l'invité du jour. "Il ne faut pas se tromper de sujet", a averti le député en plein come-back . "Le sujet, ce n'est pas la ministre, c'est ce monsieur. Il est indispensable que, sur les plateaux de télévision, soient invités les gens qui parlent de l'islam autrement."

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