François de Rugy compare sa situation à celle de Pierre Bérégovoy, "livré aux chiens"

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Affaire Rugy : le ministre de l'Écologie poussé à la démission

PARALLÈLE - Quelques heures à peine après sa démission ce mardi, François de Rugy a posté un message sur Twitter en allusion à Pierre Bérégovoy, semblant voir des similitudes entre sa situation et celle vécue 26 ans plus tôt par l'ancien Premier ministre de François Mitterrand, qui s'était suicidé en 1993.

Très affecté, certes, François de Rugy n'est-il pas allé trop loin ? Après une semaine au cœur de la tourmente, le désormais ex-ministre de la Transition écologique a posé sa démission ce mardi 16 juillet. Et a livré son état d’esprit sur Facebook, où il dénonce un "lynchage médiatique" et une "attaque sur la base de photos volées, ragots et approximations". Sauf que voilà, après cette longue publication, l’ancien ministre d’Etat s’est fendu d’un tweet dans lequel il semble se comparer à Pierre Bérégovoy, disant se reconnaître dans les "mots" de François Mitterrand à l'égard de son ancien Premier ministre, "livré aux chiens".

Des mots qui ont leur importance. Le parallèle est fort. Et pour cause : alors chef du gouvernement, Pierre Bérégovoy s’était suicidé en 1993, le long d'un canal de la Nièvre. Il avait mis fin à ses jours alors que des soupçons de corruption pesaient sur lui, faisant perdre la gauche aux législatives. "Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République : celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous", disait-alors le chef d’Etat lors d’une allocution, dont François de Rugy a diffusé les images d’archives. 

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Les réactions ne se sont pas faites attendre

Un tweet qui fait évidemment réagir sur les réseaux sociaux, notamment quelques internautes influents, tels que Laélia Véron, une enseignante-chercheuse, qui évoque le manque de "dignité" du ministre démissionnaire. Ou Denis Quinqueton, co-directeur de l’Observatoire LGBT+ de la Fondation Jean Jaurès, qui répond par une référence littéraire : "Un seul tweet incarnant à la fois Les Mains Sales et La Nausée. Finalement, c’est une forme (mineure) d’exploit littéraire." En dehors de Twitter cette phrase a évidemment rapidement faite parler d'elle. Sur le plateau de LCI, Julien Bayou, porte-parole EELV, décrit une comparaison "délicate" tandis que Patrick Vignal, député LaRem de l’Herault, et lui aussi ex membre des Verts, y voit une référence "inquiétante". "On sent quelqu’un de meurtrit", a-t-il confié, estimant même que c’était un "appel au secours". 

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Reste que cette comparaison devrait continuer à être commentée. Comme elle le fut déjà en mars 2017. C’est alors François Fillon qui est éclaboussé par une série d’affaires. En pleine campagne pour l'élection présidentielle, il est l’invité de l’Emission politique. Et commence lui aussi par évoquer la presse qui "déverse sur [lui] des torrents de boue", avant de faire appel à la mémoire de Pierre Bérégovoy. "J’ai compris pourquoi on pouvait être amené à cette extrémité, quand l’image qui est donnée de vous est le contraire de ce que vous croyez être." Cette sortie avait provoqué un tel tollé que le neveu de l’ancien Premier ministre lui-même s’était insurgé. Auprès de plusieurs médias, dont Le Parisien, Jean-Michel Bérégovoy, adjoint au maire Verts de Rouen disait trouver ces propos "écœurants". "C'est un type qui n'a aucune moralité en politique."

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