Polémique sur les repas de cantine sans viande : Matignon recadre les ministres

Polémique sur les repas de cantine sans viande : Matignon recadre les ministres

CONFIDENTIEL POLITIQUE - La polémique autour des menus sans viande dans les cantines lyonnaises a suscité des prises de position opposées au gouvernement, notamment entre Barbara Pompili et Julien Denormandie. Au point que Matignon a appelé mardi les ministres à "ne pas alimenter" l'affaire.

Matignon siffle la fin de la récréation. Alors que la polémique autour du repas unique sans viande, décidé temporairement par la mairie de Lyon dans les cantines scolaires, ne cesse de rebondir, l'exécutif veut faire cesser la cacophonie qui s'installe en son sein. 

Le cabinet de Jean Castex a passé un message sans ambiguïté à ses homologues au sein des ministères concernés, selon une information de Politico Europe confirmée mardi à LCI par deux sources gouvernementales. "Moins nous alimentons les polémiques autoportées, mieux nous nous portons", indique cette note. 

Selon nos informations, ce message de cinq lignes pointe, "ces derniers jours, un certain nombre d'expressions contradictoires entre membres du gouvernement alimentant les polémiques, doublées d'une forme de cacophonie" et rappelle aux ministres "deux règles de base : calage en amont, alignement en aval"

"De l'idéologie dans l'assiette"

Cet avertissement fait suite à une succession de prises de positions radicalement opposées au sein de l'exécutif. Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, est la cible depuis plusieurs jours de plusieurs ministres qui ont dénoncé un choix "idéologique" au détriment de la consommation de viande. "En plus de l'insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français, on voit bien que la politique moraliste et élitiste des Verts exclut les classes populaires. De nombreux enfants n'ont souvent que la cantine pour manger de la viande", a fustigé samedi soir le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. 

"Arrêtons de mettre de l'idéologie dans l'assiette de nos enfants !", a également réagi, sur Twitter, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie. "Donnons-leur simplement ce dont ils ont besoin pour bien grandir. La viande en fait partie." Sur la même ligne, le ministre des Comptes publics, Oliviers Dussopt, a critiqué "un choix anti-social et doctrinaire". 

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Véran et Pompili se distinguent

Des prises de positions qui tranchent avec la prudence affichée par Olivier Véran. "Il n'y a pas lieu de polémiquer", a estimé lundi le ministre de la Santé. Tout en rappelant que les protéines animales sont "importantes dans un régime nutritionnel", il s'est dit "pas choqué qu'on puisse proposer des menus sans viande ni poisson à l'école". "La question, c'est quelle est la motivation sous-jacente", a-t-il ajouté, alors que le maire de Lyon invoque des raisons de logistique. 

C'est surtout la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, qui a marqué ses divergences avec son homologue de l'Agriculture. L'ex-responsable EELV a dénoncé lundi "un débat préhistorique" et regretté "des clichés éculés, du type 'l'alimentation végétarienne serait une alimentation déséquilibrée', alors qu'on sait que la viande peut être remplacée par du poisson, des œufs, des légumineuses qui apportent toutes les protéines nécessaires". Ce qui n'a pas empêché Julien Denormandie, mardi matin sur RTL, d'en remettre une couche en dénonçant "une écologie de l'entre-soi, où à chaque fois ce sont les plus fragiles, qui n'ont pas forcément accès à des repas équilibrés, qui sont pénalisés par ces décisions".

Selon nos informations, la dernière sortie de Barbara Pompili sur cette polémique a suscité beaucoup de remous au sein de la majorité présidentielle. Le député LaREM de la Creuse Jean-Baptiste Moreau n'y est d'ailleurs pas allé par quatre chemins. "Des nutriments essentiels pour la croissance des enfants sont présents dans la viande. De plus, le problème est d'imposer dogmatiquement. Mais Barbara Pompili, le pragmatisme comme l'amour de la science et la loyauté sont des concepts qui vous sont étrangers", a-t-il lâché sur Twitter lundi. Un débat électrique dont Matignon se serait bien passé, et qui explique le petit rappel à l'ordre envoyé aux membres du gouvernement. 

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