Réunions non-mixtes : pourquoi Audrey Pulvar embarrasse le PS

Réunions non-mixtes : pourquoi Audrey Pulvar embarrasse le PS

DÉSACCORDS - Les déclarations d'Audrey Pulvar sur les réunions non-mixtes embarrassent le Parti socialiste, majoritairement en désaccord avec les propos de la candidate aux régionales en Île-de-France.

Elle a fait bondir droite, extrême droite et majorité ce week-end en estimant qu'une personne blanche qui assisterait à une réunion non-mixte pourrait rester "spectateur silencieux". Mais Audrey Pulvar embarrasse également le Parti socialiste, qui la soutient en tant que tête de liste pour les élections régionales en Île-de-France. Resté silencieux depuis la tenue des propos de l'ancienne journaliste samedi dernier, le Premier secrétaire Olivier Faure a pris la parole sur LCI ce mardi 30 mars.

Selon lui, la candidate à la succession de Valérie Pécresse a eu une "phrase malheureuse, car ça laisse penser qu'aujourd'hui en France, il y a des gens qui devraient se taire". Mais "c'est une républicaine, une universaliste", a-t-il ajouté, lui renouvelant son soutien pour les régionales et indiquant que l'intéressée "a prévu de préciser sa pensée"

"Elle dit que, bien sûr, en France, personne ne doit se taire, tout le monde doit pouvoir parler, à la fois ceux qui sont victimes de discriminations et ceux qui ne sont pas victimes, mais qui veulent aussi accompagner", a souligné Olivier Faure, qui assure avoir parlé avec Audrey Pulvar ce lundi, mettant en avant "un combat universel dans lequel on doit tous se retrouver".

Des réunions "problématiques" pour Faure

Même s'il n'a pas clairement exprimé son désaccord avec la candidate, le premier secrétaire socialiste a déjà exposé sa position sur le sujet, loin de celle d'Audrey Pulvar. Invité à réagir à l'organisation de réunions "non mixtes racisées" par le syndicat étudiant Unef, il avait déclaré il y a quelques jours : "Ces réunions non mixtes, elles sont problématiques parce que dans le cadre syndical. Or, un syndicat, il a une vocation universelle." Le "danger derrière ces réunions non mixtes, c'est l'idée que sont légitimes à parler du racisme les seules personnes qui en sont victimes. Or il faut au contraire faire partager ce message parce que c'est notre commune humanité qui est en jeu", avait-il ajouté. 

C'est d'ailleurs cette position qui est aujourd'hui la plus partagée au sein du Parti socialiste. Le Monde croit savoir que derrière la prise de position d'Audrey Pulvar sur le sujet, se cache un désaccord avec son directeur de campagne, Rachid Temal. Le 19 mars, ce dernier publiait un tweet accusant la présidente de l'Unef de "fétichiser la race". "C'est du racisme ! À vomir. À combattre", dénonçait-il. 

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"Dimanche 21 mars, lors d’un comité stratégique de campagne, la tête de liste avait fait une 'mise au point', selon son entourage, expliquant que les termes employés étaient à l’opposé de ce qu’elle pensait et qu’elle allait donc donner son point de vue dans la presse", écrit Le Monde selon qui Audrey Pulvar est convaincue que l'électorat jeune et féminin partage son point de vue sur ce sujet. 

Hidalgo invitée à s'exprimer

Une autre figure majeure du parti n'a toujours pas pris position, pourtant poussée par l'opposition parisienne : la maire de Paris, Anne Hidalgo, dont Audrey Pulvar est l'une des adjointes. À Politico, un membre de son cabinet a simplement précisé qu'elle n'était pas sur la même ligne, et qu'elle aurait l'occasion de l'exprimer prochainement. 

Chez les socialistes, seuls le président du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, et la sénatrice Laurence Rossignol ont apporté leur soutien à Audrey Pulvar. Ils sont venus grossir les rangs des insoumis et écologistes qui ont défendu Audrey Pulvar, à l'instar de Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autain ou Eric Piolle. Précisément des élus, des partis et des idées desquels les socialistes veulent se différencier, à un an de l'élection présidentielle.

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