Policiers "barbares" : Christophe Castaner va faire un signalement au procureur après les propos de Jean-Luc Mélenchon

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

POLÉMIQUE - Après ses propos sur les policiers tenus lors d'une manifestation pour les retraites, mardi, Jean-Luc Mélenchon a suscité la colère des forces de l'ordre. Des syndicats réclament au ministre de l'Intérieur des poursuites judiciaires, dont Alliance, qui appelle à la manifester devant le siège de la France insoumise ce jeudi à 11 heures. Christophe Castaner a annoncé qu'il ferait un signalement au procureur de la République.

Entre Jean-Luc Mélenchon et les forces de l'ordre, le climat est électrique. Six jours après son procès pour "rébellion" lors de la perquisition du 18 octobre 2018 au siège de son parti, le leader de la France insoumise suscite la colère de policiers, pour des propos tenus mardi lors d'une manifestation contre la réforme des retraites. 

Après avoir qualifié ces derniers de "barbares" lors d'un échange avec un manifestant, des propos condamnés mercredi par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon a suscité l'indignation des syndicats Unsa Police, SGP Police FO et Alliance. Le premier condamne "un nouvel écart de langage", des "propos choquants, outrageants" et demande au ministre de l'Intérieur de "concrétiser son soutien aux forces de l'ordre en engageant des poursuites judiciaires à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon".  Une demande de poursuites relayée par le syndicat Alliance. 

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Sur LCI, la déléguée Unité SGP Police-FO Linda Kebbab a dénoncé les propos du député sur la police. "Cela relève de la psychiatrie... M. Mélenchon est pathétique. C'est indigne de sa fonction." Le syndicat a d'ailleurs annoncé le dépôt d'une plainte contre le leader de LFI.

Castaner va faire un signalement

Interrogé jeudi matin sur RTL, Christophe Castaner n'a pas annoncé de plainte, mais un signalement au procureur de la République au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale. Cet article stipule que "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs". "Je demanderai au procureur, comme à chaque fois que les forces de l'ordre sont mises en cause, d'étudier et de voir la faisabilité d'une poursuite", a-t-il précisé. 

"Jean-Luc Mélenchon est dans une sorte de dérive personnelle", a également déclaré le ministre de l'Intérieur. "Il a perdu tout sens de la mesure. A force de remettre en cause la République, il se met au banc de la République", a-t-il ajouté, appelant à nouveau Jean-Luc Mélenchon à "présenter ses excuses" aux policiers. 

Christophe Castaner a reçu le soutien de la députée LaREM Aurore Bergé, jeudi matin sur LCI. "Le ministre de l'Intérieur est dans son rôle", a-t-elle estimé. "Quand on a réuni des millions de voix [à la présidentielle], on sait que sa parole porte. Les propos répétés de Jean-Luc Mélenchon à l'encontre des magistrats, des journalistes, des policiers, sont insupportables."

Appel à manifester d'Alliance, Mélenchon annoncé une opération "siège mort"

Le syndicat Alliance a appelé à manifester devant le siège de la France insoumise, rue de Dunkerque à Paris, jeudi à 11 heures. "Le ministre de l'Intérieur se contenterait a priori d'excuses, pas nous", dit le tract d'Alliance appelant au rassemblement, que LCI a pu consulter. Une manifestation immédiatement qualifiée "d'illégale" par Jean-Luc Mélenchon, qui a demandé "la protection de la gendarmerie" sur son compte Twitter. "Je crois que la protection de témoins populaires serait décisive", a-t-il ajouté, appelant le ministre de l'Intérieur à la démission. 

Mercredi soir, le chef de file de la France Insoumise a repris la parole dans une vidéo publiée sur son compte Facebook. Jean-Luc Mélenchon s'est notamment dit "consterné" de voir que l'actualité s'était emparé de "quelques mots volés" dans une conversation avec un militant "traumatisé par la violence barbare de la répression policière". Loin de revenir sur ses paroles, l'homme politique a répété à plusieurs reprises que le syndicat de policiers appelant à manifester devant son siège "est extrêmement violent". Il a appelé à une opération "siège mort". "Notre conclusion, c'est qu'on prend un risque, vu que ce sont des gens violents et agressifs, ils peuvent provoquer des incidents, ils pourraient frapper des passants ou menacer des commerçants", a-t-il assuré. 

"Je n'ai aucune inquiétude" à propos de la manifestation policière, a répondu Christophe Castaner jeudi, indiquant avoir "échangé avec les responsables du syndicat Alliance". "Ils organiseront leur manifestation dans le respect du siège de LFI." Des gendarmes devaient assurer l'ordre durant cette manifestation, ce qui est le cas de figure habituel lors que des policiers manifestent.

Peu après 11 heures, quelques dizaines de manifestants étaient présents sur place, faisant face à quelques contre-manifestants, dont des Gilets jaunes. 

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