Campagne présidentielle de Macron : GL Events dément toute ristourne accordée au candidat

SOUPÇONS - Depuis ce vendredi, les révélations de Mediapart font des remous. Le site d'informations accuse en effet Emmanuel Macron d'avoir reçu des ristournes de la part d'une société d'événementiel pendant sa campagne. Celle-ci a réagi lundi, niant toutes ces allégations.

"Il va falloir creuser davantage sur cette affaire". Invitée sur LCI lundi 30 avril, Lydia Guirous, porte-parole du parti Les Républicains, a réagi aux informations de Mediapart, qui affirme qu’Emmanuel Macron s’est vu offrir des ristournes pour des locations de salle pendant sa campagne présidentielle... facilités dont n'ont pas bénéficié ses concurrents.


"François Fillon n'a pas bénéficié des mêmes ristournes, des mêmes réductions. C'est une concurrence qui est un peu déloyale" et un "avantage qui n'est pas anodin pour la campagne d'Emmanuel Macron", a dénoncé ainsi Lydia Guirous. "Si ce que dit Mediapart est exact, c'est un scandale de grande ampleur. La candidature de Macron aurait ainsi bénéficié d'aide en nature par un groupe privé qui n'appliquait pas les mêmes "ristournes" aux autres. N'est-ce pas illégal ?", a fustigé de son côté Alexis Corbière, député La France insoumise de Seine Saint-Denis et porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne, sur Twitter.

Des remises qui posent question

D'après Mediapart, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) "a relevé les promotions exceptionnelles, parfois ‘d'un pourcentage anormalement élevé’", accordées par le groupe événementiel GL Events à l'équipe de campagne de Macron. Une facture pour la location de matériel à l'occasion d'un meeting le 10 décembre 2016 aurait ainsi été "subitement rabotée de plus de 9000 euros pour passer de 39.490 euros à 29.663 euros". Une remise de 100% aurait également été accordée pour la location de la salle principale de la Mutualité, pour le meeting parisien du 12 juillet 2016. Elle avait initialement été facturée 14.129 euros. Selon les informations de Mediapart, Benoît Hamon (PS) et François Fillon (LR), n’ont pas bénéficié de tels rabais de la part de la même entreprise pour des prestations équivalentes.

Il s'agit ici d'une remise usuelle en période estivale GL Events

Silencieuse tout le week-end, la société événementielle a finalement réagi dans un communiqué lundi, niant tout cadeau accordé au candidat de La République en Marche. "Le Groupe GL Events a réalisé les prestations qu'il fournit chaque année (...) dans le strict cadre de relations commerciales habituelles", a-t-elle expliqué. Au sujet de la ristourne faite à Emmanuel Macron pour son meeting à la Mutualité de Paris, la société affirme que "le montant de la remise faite à l'organisateur a été de 19.811 €, soit 21% de la facturation totale" et qu'"il s'agit ici d'une remise usuelle en période estivale à Paris par les gestionnaires de sites événementiels, dans un contexte de concurrence très forte et de faible activité pendant la période d’été".


Contacté par l'AFP, Jean-Eudes Rabut, directeur général de GL Events Venues, branche de la société s'occupant de ces prestations, a confirmé le prix final du meeting du 10 décembre à la Porte de Versailles à Paris ainsi que les remises pointées par Mediapart qui, elles, ne concernaient pas "la faible activité pendant la période d'été". Elle affirme qu'une remise de 20% a été faite "en raison de l’importance du volume [de chaises] fourni et de l'intensité de la concurrence dans cette consultation de plusieurs prestataires parisiens". Elle a été suivie d'une "remise exceptionnelle" de 3600€ car la mise en place de ces chaises a été faite par les volontaires de LREM, et non par les prestataires.

Contacté par LCI, l'Elysée a dit ne pas souhaiter faire de commentaire supplémentaire, estimant avoir déjà répondu à Mediapart : "Au cours de la campagne présidentielle, le mouvement est parvenu à tenir les coûts des différents événements grâce à une approche agressive des négociations commerciales." Le Palais ajoute que le candidat est passé par le pôle événementiel de la campagne pour organiser ses meetings, sans faire jouer ses relations.

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