Popularité en berne pour Macron : cinq raisons qui expliquent cette dégringolade

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EXPLICATIONS - Emmanuel Macron a vu sa cote de popularité chuter de 14 points au mois d'août. Seuls 40% des sondés se disent satisfaits de l'action du Président. Comment, en cinq points, expliquer ce désamour ?

Ce mois d'août, la cote de popularité d’Emmanuel Macron enregistre à nouveau une très forte baisse, avec seulement 40% de personnes satisfaites de son action. Soit une chute de 14 points en un mois, après celle de dix points déjà observée en juillet. A la même époque en 2012, François Hollande était encore crédité de 54% d'opinions positives, et en 2007 Nicolas Sarkozy satisfaisait encore 67% des sondés. Alors pourquoi une telle chute dans les sondages ?

1. Des mesures impopulaires et mal expliquées aux Français

Les annonces impopulaires et brutales se sont succédées ces dernières semaines. Tout a commencé avec la baisse de cinq euros des APL pour le dernier trimestre de l’année 2017. De quoi se mettre les étudiants et leurs parents à dos. Le gouvernement a également annoncé une baisse du budget de l’armée et des collectivités locales. 


Dernièrement, c’est la hausse de la CSG sans contrepartie immédiate qui a fait tiquer les Français. En effet, si la CSG sera augmentée au 1er janvier 2018, la baisse des cotisations sociales censée équilibrer la hausse et redonner du pouvoir d’achat aux citoyens sera elle étalée en deux temps, et sera totalement appliquée à la fin de l'année 2018. Surtout, cette réforme ne passe pas auprès des personnes non salariées et des retraités les plus aisés, qui verront leur CSG augmenter sans bénéficier en contrepartie d'une baisse des cotisations sociales.

2. Une réforme du code du Travail qui inquiète

Les ordonnances concoctées par le gouvernement pour la réforme du code du travail doivent être présentées le jeudi 31 août. Mais à l’heure actuelle, l'exécutif a très peu communiqué sur leur contenu, qui reste flou et inquiète une partie des Français. Les organisations syndicales qui se sont encore succédé au ministère du Travail cette semaine pour discuter de ces textes disent toutes n’avoir eu accès qu’à une mince partie du texte. A l’appel de la CGT et SUD, une grande journée de mobilisation doit avoir lieu le 12 septembre prochain pour s'opposer à cette réforme. Avant celle organisée par La France insoumise le 23 septembre prochain...

3. Une majorité inexpérimentée

Le chef de l’Etat paye aussi l’inexpérience de sa majorité et de son gouvernement. Les députés La République en marche élus au moins de juin dernier viennent en grande partie de la société civile et n’ont aucune expérience politique, ce qui s’est vu lors des débats à l’Assemblée. La session parlementaire extraordinaire a été ponctuée de couacs (rejet d’un texte par inadvertance, mauvaise appréciation d’un vote à main levée, président(e)s débordé(e)s). Pas de quoi donner une bonne image des parlementaires. Ces députés sortent également peu dans les médias pour défendre les mesures adoptées, ce que leur a d'ailleurs reproché le Président.

4. Un Président qui semble loin de ses concitoyens

Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a mis en place une communication qui le tient éloigné des journalistes et des Français. Le président et son équipe ont souvent fait polémique, notamment lorsqu’ils ont annoncé qu’ils choisiraient eux-mêmes les journalistes qui suivraient le président lors de ses déplacements. Mais cette stratégie du président "jupitérien" a montré ses limites. Ces derniers jours, Emmanuel Macron a donc décidé d’en revenir. En voyage en Europe de l’est, il est revenu sur l’un de ses principes : ne pas parler de la politique intérieure à l’étranger. Même si ses commentaires sur le fait que la France serait irréformable lui ont valu des critiques, le Président a retrouvé son franc-parler. Emmanuel Macron avait même embarqué dans son avion présidentiel des représentants de la presse écrite pour quelques confidences. L’Elysée a également annoncé dans la semaine que les prises de parole du président seraient désormais plus fréquentes. Lors de son bain de foule au Touquet ce samedi 26 août, le président a même répondu aux interpellations des journalistes. 

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Le couple Macron s'offre un bain de foule au Touquet

5. L'affaire de Villiers, la première déflagration

La brouille entre Emmanuel Macron et le général de Villiers, ancien chef d’Etat-major, a laissé des traces dans l’opinion publique. Lors de cet épisode qui a poussé à la démission du chef des armées, le président de la République est apparu autoritaire et brutal. Alors que le général de Villiers avait émis des critiques sur la baisse du budget de l’armée à l’Assemblée, Emmanuel Macron l’avait recadré publiquement le 13 juillet, lui rappelant son "sens du devoir et de la réserve" devant tous les chefs militaires. Le général de Villiers a fini par envoyer sa démission au chef de l’Etat le 21 juillet. Après cet épisode, Emmanuel Macron avait déjà dévissé de dix points dans le baromètre Ifop-JDD.

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