Pour 2018, Juppé zappe sa cotisation aux Républicains et attend les européennes

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AU REVOIR - Le maire de Bordeaux a confirmé, lors de ses vœux à la presse ce lundi, son éloignement du parti Les Républicains. Il ne réglera d'ailleurs pas sa cotisation pour l'année 2018.

Un mois et demi après son élection à la tête des Républicains, et alors que Laurent Wauquiez se montre assez discret depuis début 2018, son accession à la tête de la droite est loin de faire l'unanimité. A fortiori parmi les caciques du parti. Dernier épisode en date avec la nouvelle confirmation par Alain Juppé qu'il ne passerait sans doute pas ses vacances avec le patron de la région Rhône-Alpes-Auvergne.

"Je prends du recul"

Ainsi, le candidat malheureux à l'investiture présidentielle pour la droite et le centre a-t-il indiqué, dans ses voeux à la presse, lundi 15 janvier à la mairie de Bordeaux, qu'il n'avait pas "l'intention de payer [sa] cotisation LR [Les Républicains, ndlr] en 2018." Une information qui ne surprendra personne, tant Alain Juppé n'a jamais fait mystère de la distance qu'il mettrait avec la nouvelle direction du parti de droite.

"Je comprends Dominique Bussereau", avait-il commencé, en référence à la décision, dimanche 14 janvier, annoncée par l'ancien ministre des Transports, juppéiste historique, de ne pas renouveler sa carte d'adhérent auprès du parti. De son côté, Alain Juppé a tout simplement annoncé : "Je prends du recul et je vais observer [la vie politique] notamment dans la perspective des élections européennes de 2019."

La perspective d'une alliance Juppé-Macron pour les européennes ?

C'est tout l'avenir de la droite française qui se joue là. Entre Laurent Wauquiez, incarnateur d'une ligne conservatrice, souverainiste et identitaire, et Alain Juppé et ses alliés, tenants d'une ligne européenne et libérale, la rupture semble consommée, en dépit des intentions affirmées par le premier de gouverner le parti avec toutes les forces de la droite. 


La mention des élections européennes de 2019 par le maire de Bordeaux n'est pas non plus anodine. Alors qu'Edouard Philippe, lui aussi juppéiste historique, mène avec Emmanuel Macron une politique économique que ne renierait pas la droite, se posait la question, l'ancien Premier ministre avait déjà proposé, en novembre 2017, la création d'un "grand mouvement central" pour le scrutin européen entre libéraux pro-européens. Dont il avait d'ailleurs suggéré ne pas voir d'"incompatibilité" à ce qu'il en prenne la tête, tant qu'Emmanuel Macron restait dans la ligne volontariste du discours de la Sorbonne.

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