Front national : l'euro repoussé, Philippot préservé ?

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EURO - Après la défaite de Marine Le Pen à la présidentielle puis le score décevant aux législatives, le bureau exécutif du parti s'est réuni lors d'un séminaire pour discuter de l'avenir du FN. Sujette à de vives tensions, notamment autour de Florian Philippot, la sortie de l'euro n'a pas été enterrée mais repoussée...

Vendredi 21 et samedi 22 juillet, le Front national était réuni en séminaire pour discuter de la campagne présidentielle ratée de Marine Le Pen mais aussi du futur du parti. Sortie de l’euro, changement de nom, réorganisation du parti... de nombreux sujets étaient mis sur la table, ainsi que l'a répété David Rachline, ancien directeur de campagne de Marine Le Pen, à la sortie du séminaire. 

Dans un parti où l’atmosphère est très tendue depuis plusieurs semaines, ce séminaire devait servir à s’afficher comme un parti uni. Le communiqué publié par le FN à la sortie du séminaire en est la preuve. Pour ménager les sensibilités, le communiqué du parti de Marine Le Pen entretient volontairement le flou sur la sortie de l’euro, chère à Florian Philippot numéro 2 du parti, et l’avenir du Front national, en s’en remettant aux militants.

Pour ne pas trop se mouiller, le FN propose donc de lancer une grande consultation des militants qui démarrera en septembre prochain afin d’acter "de nouvelles modalités et un nouveau calendrier, afin de retrouver, de manière successive et sur la durée d'un quinquennat, nos différentes souverainetés."


Jérôme Rivière, ancien député UMP rallié au FN, a confirmé à nos confrères de Reuters à la sortie de la réunion que le changement de nom du parti serait également soumis aux adhérents.


Cette consultation prendra la forme d'un "questionnaire complet, concernant tant le projet que la stratégie et l'organisation", ajoute le communiqué. Le questionnaire, sur lequel la direction du parti n'a pas encore commencé à bûcher, nous précise Florian Philippot, sera la dernière étape avant un congrès de "refondation" prévu en février ou mars 2018 - soit près de quatre ans après le dernier congrès du parti.

Le sujet qui cristallise les tensions au Front national, c’est la sortie de l’euro. Pendant la campagne présidentielle, Marine Le Pen, pourtant favorable à une sortie de la monnaie unique depuis des années, avait changé d’avis sur la question en fin de campagne, créant la confusion chez les cadres du parti et dans son électorat... au grand dam de son bras droit Florian Philippot, qui avait fait du rejet de la monnaie unique la condition sine qua non à la prolongation de son séjour dans le parti.


Conscient des "inquiétudes exprimées par une partie d’entre eux (ndlr : les électeurs) sur la question de l’euro", le FN ne souhaite plus sortir de l’euro dès son arrivée au pouvoir ou même quelques mois tard mais finalement en toute fin de mandat. "Afin de se donner le temps nécessaire, le recouvrement de la souveraineté monétaire clôturera ce processus", explique le texte, soit à la fin du quinquennat. Suffisant pour convaincre le vice-président du FN de rester au parti, lui qui avait ouvertement fait part de ses velléités de départ en cas de flou sur le sujet ? Contacté par LCI, l'intéressé n'a pas donné suite à nos réponses. Gageons que la rentrée de septembre saura donner le ton sur le sujet.

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