"Un non-sujet" : au lancement de la campagne de LaRem pour Paris, les militants glissent sur le cas Collomb

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DÉJÀ OUBLIÉ ? - Gérard Collomb a démissionné du gouvernement et fait son retour à Lyon le jour où la section parisienne LaREM lançait sa campagne pour les prochaines élections municipales. Mauvais timing ? L’ombre du désormais ex-ministre de l’Intérieur a-t-elle plané à l’Alhambra, la salle du Xe arrondissement de Paris où avait lieu l’événement ? Reportage.

Gérard qui ? Ce mercredi 3 octobre à l’Alhambra, pour le lancement de la campagne Paris&Moi par le mouvement La République en marche, les militants n’avaient que faire de la démission du ministre de l’Intérieur. C’est en tout cas ce qu’ils nous ont répété. A l’entrée de l’Alhambra, Nicolas, militant dans le XIe arrondissement, tient un discours très proche de celui martelé par les membres du gouvernement ces dernières heures : "Monsieur Collomb a pris une décision mais la continuité de l’Etat fonctionne. Le Premier ministre assure l’intérim, un remplaçant sera nommé : pour moi c’est un non-sujet."

"Coup dur" ou non-événement ?

Un peu plus loin dans la queue qui s’étire sur plusieurs dizaines de mètres, Eliott n'est pas plus ébranlé par la démission du numéro deux du gouvernement, l'un des premiers soutiens d’Emmanuel Macron. "C’est quelque chose qu’il avait annoncé depuis quelques jours, cela faisait quelques semaines qu’il voulait retourner à Lyon." Mieux, selon ce militant, le départ de Collomb a le mérite de la cohérence : "Il l’avait prévu, il a choisi de le faire maintenant. Ça s’est fait rapidement mais si ça avait pris plus de temps, on aurait dit : ‘Il faut qu’il parte, un ministre à mi-temps, ça ne va pas’. Donc là, il a fait la chose qu’il fallait faire, il va se lancer dans un nouveau projet."


Il nous faut attendre d’être à l’intérieur de la salle pour trouver une adhérente plus sévère sur la situation gouvernementale. Marie-France nous glisse à l’oreille, alors que la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa s’exprime : "Je pense qu’après l‘affaire Benalla et la démission de Nicolas Hulot, l’image présidentielle est un peu abîmée. Le départ de Gérard Collomb est un coup dur. Pour un système très présidentiel comme celui d’Emmanuel Macron, cette démission est embêtante. En plus, il part à Lyon pour les municipales. Tout cela tombe mal avec le lancement de la campagne à Paris."

"Si Griveaux quitte le gouvernement, ça va faire beaucoup"

Effectivement, difficile de ne pas remarquer que les trois têtes d’affiche de cette soirée de lancement font toutes partie du gouvernement : Marlène Shiappa donc, intéressée par la mairie du 14e et venue parler de la difficulté pour un jeune couple ou une mère célibataire d'habiter à Paris à cause des loyers trop chers et des transports inhospitaliers ;  Mounir Mahjoubi, lui aussi intéressé par Paris et qui a fait l'éloge de la "smart-city" ; et Benjamin Griveaux, intervenu en dernier, qui a tenu un discours plus général et s'est présente comme le chef des troupes. Ce dernier ne cache plus ses ambitions parisiennes, et semble être le candidat désigné du mouvement présidentiel pour affronter Anne Hidalgo en 2020. Doit-il démissionner, lui aussi ? A ce sujet, les avis des militants sont plus partagés. Nicolas pense que "ça ne pose pas de problème, tant qu’ils font leur travail correctement et que ça n’interfère pas avec le bon fonctionnement de l’Etat, des administrations et du gouvernement", quand Eliott estime "que si un candidat est choisi dans plusieurs semaines il devra s’investir pleinement dans la campagne des municipales".


Venu du IVe arrondissement, Jacques le voit bien conserver ses fonctions pendant la campagne : "Le porte-parolat, ce n'est pas un ministère à part entière. Mais il y a quand même une confusion des genres qui peut s’exercer. Donc pour être plus clair, ça pourrait être mieux qu’il démissionne de son poste." Quant à Marie-France, elle regrette le "flottement que tout cela instaure dans l’équipe gouvernementale. Et puis Benjamin Griveaux est très proche de Macron. S’il quitte le gouvernement lui aussi, ça va faire beaucoup".


Présents ce soir pour lancer les consultations que vont mettre en place les comités de LaRem en vue des municipales, les trois ex-collègues de Gérard Collomb n'ont pas cherché à clarifier le "flottement". Le cas de celui qui devrait rapidement redevenir édile de Lyon n'a été abordé que très rapidement en début de réunion lorsque la maire adjointe du IVe arrondissement Anne Lebreton a évoqué ainsi le mandat de maire : "C’est celui qu’on ne veut jamais quitter, et vers lequel on veut toujours retourner". Provoquant les rires (jaunes) de l'assemblée.

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