Pour Nicole Belloubet, l’Etat interviendra si un djihadiste français est condamné à mort

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TERRORISME - La Garde des sceaux Nicole Belloubet a affirmé dimanche sur LCI que la France négocierait "au cas par cas" avec l’Irak ou la Syrie si l’un de ces Etats venait à condamner à mort un djihadiste français.

Que faire des ressortissants français partis garnir les rangs de l’Etat islamique ? Quelle attitude adopter face à ceux capturés par les autorités syriennes ou irakiennes et menacés de peine de mort ? Invitée du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a précisé sur notre antenne la position de la France. Pour elle, pas de doute, les services diplomatiques interviendront si un ressortissant est condamné à la peine capitale.


"Bien entendu, s’il y avait une question de peine de mort, l’Etat français interviendrait", a-t-elle affirmé. Sans indiquer par quels moyens cela se produirait, la ministre a précisé qu’il pourrait s’agir d’un "traitement au cas par cas", laissant entendre que la négociation se ferait "avec l’Etat en question".

C’est volontairement que ces gens sont allés combattre aux côtés de Daech et ils assument une responsabilité et un choixNicole Belloubet

Un discours qui tranche quelque peu avec les déclarations de la ministre des Armées Florence Parly, qui avait estimé en octobre dernier que c’était "tant mieux" si les djihadistes français présents à Raqqa (capitale de la Syrie) étaient tués sur place. Elle avait également ajouté que "s’ils tombent entre les mains des forces syriennes, alors ils dépendront des juridictions des forces syriennes".


Nicole Belloubet a estimé dimanche qu’il "n’y a pas de différence d’analyse" entre les deux propos. "Je redis comme ma collègue Parly que c’est volontairement que ces gens sont allés combattre aux côtés de Daech et donc ils assument une responsabilité et un choix. (…) Mais en tant que ministre de la Justice, je ne peux dire autre chose que mon attachement aux règles du procès équitable".

Une Allemande condamnée à mort le 21 janvier

Selon le procureur de la République de Paris François Molins, 676 Français dont 295 femmes seraient encore présents dans les zones de combats en Syrie ou en Irak. Le 21 janvier dernier, un tribunal irakien a condamné à mort une ressortissante allemande pour avoir rejoint Daech. En France, les avocats de deux djihadistes françaises capturées en Irak ont appelé Emmanuel Macron à "une mobilisation sans faille" en cas  de condamnation à mort de leurs clientes.

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