"Pour que la France reste la France" : Wauquiez repart à l'assaut de l'opinion sur fond de tract polémique

LES REPUBLICAINS - Le président du parti de droite organise samedi un "Printemps des Républicains", avec au programme une déambulation au Puy-en-Velay et un discours en fin d'après-midi. Un tract intitulé "Pour que la France reste la France", qui a suscité des réactions jusque dans les rangs LR, est distribué à près de 1,5 million d'exemplaires.

Il s'était montré plus discret ces derniers temps. Laurent Wauquiez repart samedi à la conquête de la France de droite à l'occasion d'un "Printemps des Républicains" délocalisé ce week-end dans plusieurs départements. Le président LR devait lui-même déambuler samedi matin dans sa commune du Puy-en-Velay (Haute-Loire) pour rencontrer les habitants, en attendant un discours prévu vers 17h30, notamment sur le thème des territoires. 


Dans le même temps, les responsables de la direction du parti se partageront la tâche, avec des déplacements prévus en Haute-Saône, dans le Var, les Alpes-de-Haute-Provence ou encore la Vienne et la Meurthe-et-Moselle, les fédérations ayant été mobilisées pour organiser des événements locaux. Bref, une séquence de reconquête de l'opinion pour le patron d'un parti dont la ligne reste à définir, entre le majorité LaREM et le Front national, à un an des élections européennes. 

Le tract qui divise

Laurent Wauquiez devrait notamment s'employer à défendre le tract qui doit être diffusé ce week-end à près d'un 1,5 million d'exemplaires, et dont le titre et la teneur ont divisé jusque dans les rangs de son parti.


Intitulé "Pour que la France reste la France", le tract énumère les six problèmes qui, selon le parti, menacent le pays. "Il n'y a jamais eu autant d'impôts", "d'immigrés", "un tel risque terroriste", "une telle pression communautariste", "une telle flambée de délinquance", "de telles fractures territoriales", liste le document. Avec une série de "propositions", allant de la remise en cause du droit du sol à l'expulsion de "300.000 clandestins" en passant par "le retour de l'autorité dans les quartiers" ou la "règle d'or" fiscale. 

"Un dysfonctionnement"

Si la tonalité du tract est parfaitement assumée par l'entourage de Laurent Wauquiez, elle a manifestement posé de grosses difficultés à d'autres responsables de l'état-major LR. A commencer.... Par la numéro 2 du parti, Virginie Calmels, qui a jugé le document "anxiogène" jeudi sur France Inter, affirmant notamment : "Je ne l'ai pas validé. C'est dommage que cela n'ait pas fait l'objet d'une validation par les instances que Laurent Wauquiez a lui-même créées. C'est un dysfonctionnement. J'espère que nous y remédierons collectivement". Ce que conteste l'entourage de Laurent Wauquiez, qui expliquait vendredi à LCI... que le tract avait été validé par la direction, y compris par Virginie Calmels.


Le tract a ému d'autres voix au sein de LR, comme le maire de Palaiseau Grégoire de Lasteyrie, qui s'est inquiété sur son compte Twitter "du chemin qu'emprunte LR depuis quelques temps. A courir derrière le FN, le parti ira dans le mur si ce n'est pas déjà fait", a-t-il jugé, tandis que l'édile de Taverny Florence Portelli s'en prenait à un tract "idiot" témoignant d'une "surenchère frontiste". Dimanche, sur Europe 1, le maire de Meaux Jean-François Copé a fustigé "le chemin qu'emprunte Laurent Wauquiez, qui avance en solitaire avec des propositions extrémistes". "Ce tract", a-t-il ajouté, "est le dernier stigmate en date de l'état très difficile dans lequel se trouve aujourd'hui la droite de gouvernement". Et de conclure : "Laurent Wauquiez fait l'essentiel de son discours sur des propositions qui ne sont pas crédibles", pointant la proposition de référendum sur l'immigration. 

"Redonner à la droite sa fierté"

Dans un Facebook live, samedi matin, Laurent Wauquiez a justifié la mobilisation du week-end alors qu'il répondait à des questions sur le réseau social. Se défendant d'offrir à Emmanuel Macron "une opposition systématique" - "je laisse ça à Mélenchon et à Le Pen qui sont toujours dans l'excès", précise-t-il -, le patron des Républicains a dénoncé un Président qui "peut faire illusion", mais qui n'est "pas de droite". "La réalité de ce qui est fait dans ce pays n'est pas une politique de droite", a insisté Laurent Wauquiez, évoquant "la gestion de l'intégriste islamiste, du communautarisme, de la sécurité" et défendant "un retour à la politique de fermeté" en matière d'immigration.  


"Avec ce 'Printemps des Républicains', nous voulons défendre les valeurs auxquelles nous tenons, notre conception de la France", a également affirmé le chef de file LR, excluant au passage toute alliance électorale avec LaREM aux prochaines municipales. "J'essaye de redonner à la droite sa fierté, sans se laisser dicter ce qu'on a le droit de dire."

"Changer de stratégie"

Samedi sur France Inter, Maël de Calan, ancien candidat à la présidence LR, a appelé son parti à changer de "stratégie", accusant Laurent Wauquiez d'avoir "réussi à réduire par deux sa base électorale". Et de conclure : "Laurent Wauquiez s’est imposé une petite cure (d’abstinence) médiatique parce que chaque fois qu’il parlait, il perdait des points dans l’opinion. C’est peut-être ce qu’il a de mieux à faire à court terme, mais à moyen terme, Les Républicains ne parviendront pas à incarner une alternative crédible s’ils continuent comme dans le tract qui fait polémique."


Selon un récent sondage YouGov pour le HuffPost et CNews, seuls 18% des Français, et 49% des sympathisants LR, jugeraient positivement l'action de Laurent Wauquiez. 

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