Pourquoi Emmanuel Macron prend-il la parole ce lundi ?

Pourquoi Emmanuel Macron prend-il la parole ce lundi ?

ALLOCUTION PRÉSIDENTIELLE - L'Élysée annonçait de longue date une prise de parole d'Emmanuel Macron avant le 14 juillet : elle aura lieu ce lundi 12 juillet. Le Président entend offrir des perspectives avant les congés d'été, et bien en amont d'une rentrée qui s'annonce plus politique que jamais. Mais le variant Delta pourrait changer la donne.

Voilà des semaines que l'Élysée la promettait, cette prise de parole présidentielle avant la fête nationale du 14 juillet. C'est désormais imminent. Emmanuel Macron reviendra donc s'exprimer devant les Français, ni sous la forme d'une grande interview comme il l'avait fait fin avril, ni sur un média en ligne, comme en décembre chez Brut, mais sous la forme d'une très formelle allocution depuis l'Élysée. 

Le chef de l'État, devenu le recordman du genre, livrera donc, ce lundi 12 juillet à 20 heures, sa 8e "adresse aux Français" depuis le début de la crise du Covid-19. Un moyen de parler au plus large public qui soit, puisque ses précédentes allocutions ont réuni entre 19 et 37 millions de téléspectateurs, pulvérisant les records d'audience de ses prédécesseurs. 

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Variant Delta : la France face à une quatrième vague

Un rendez-vous annoncé

Emmanuel Macron avait dessiné le calendrier d'une sortie de crise sanitaire dès la fin du mois d'avril, dans l'interview qu'il avait accordée à la presse quotidienne régionale. Le chef de l'État avait alors indiqué qu'il reprendrait, en juin, son "bâton de pèlerin", pour aller à la rencontre des Français et consulter les forces vives, parmi lesquelles les élus locaux et les partenaires sociaux. L'objectif : préparer la deuxième phase du plan de relance et arbitrer les dernières réformes de son quinquennat. 

"Mon premier objectif est de retourner au contact, d'aller sur le terrain, pour vraiment comprendre comment les Français ont vécu cette crise", expliquait-il début juin. "On n’administre pas des réformes comme une potion. Je n’ai pas un plan de réformes dans la poche que je vais déployer." Alors que le Président multipliait les déplacements et consultait, la date butoir du 14 juillet était déjà annoncée à LCI par son entourage. Cette période intermédiaire devait lui permettre de trancher sur plusieurs dossiers, dont la réforme des retraites qu'il hésitait à relancer avant l'élection présidentielle, mais aussi la relance économique du pays. La promesse initiale était donc de donner, avant la mi-juillet, une visibilité aux Français pour les neuf mois qui les séparent de la fin du quinquennat, avec la volonté martelée de "réformer jusqu'au dernier jour".

Un impératif sanitaire

Mais ce calendrier initial fondé sur le retour à la normale a été bouleversé par la résurgence de l'épidémie depuis plusieurs jours, sous le signe du variant Delta. La progression rapide de ce dernier - il est devenu majoritaire en seulement une semaine - et la couverture vaccinale de la population, insuffisante pour y faire face, font craindre une 4e vague épidémique dès cet été. Le variant contraint l'exécutif à précipiter des mesures restrictives qu'il aurait souhaité oublier. Parmi les pistes : un possible durcissement du plan de vaccination - obligation pour certaines professions -, une extension du recours au pass sanitaire et de nouvelles mesures aux frontières. 

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Cette date fatidique du 12 juillet n'est plus seulement celle où les Français pourront se projeter dans l'avenir, mais aussi celle d'un nouveau Conseil de défense sanitaire, avec son lot de décisions à court terme qu'il faut présenter sans attendre à la population. D'autant que les Français ont déjà commencé à sortir et à voyager, à l'occasion des vacances d'été, multipliant les occasions de brassage, et donc de contaminations. 

Un moment politique

Malgré ces contraintes sanitaires, le choix de la mi-juillet tient aussi au calendrier politique. Alors que la majorité présidentielle sort particulièrement meurtrie des élections régionales et départementales, et que des tendances à la fracturation se font sentir en son sein, l'heure est à la mobilisation, à neuf mois de l'élection présidentielle. S'il n'est toujours pas candidat à sa réélection, Emmanuel Macron sait que les prochains mois décideront de sa capacité ou non à se représenter devant les Français. On se souvient qu'à l'automne 2016, à quatre mois seulement de la présidentielle, François Hollande avait dû se résoudre à renoncer à briguer un second mandat. 

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Le chef de l'État sait aussi que les oppositions se structurent et lanceront l'offensive dès la rentrée prochaine, d'abord pour se choisir des candidats, puis pour lancer la campagne en tant que telle. Covid-19 ou non, la précampagne, pour ses challengers, commencera bien à l'automne. Dans un tel contexte, mieux vaut annoncer à l'avance la couleur des réformes de cette fin de quinquennat. Cela permet, au moins, de compter ses alliés. 

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