Pourquoi l’Assemblée nationale va puiser 47 millions d’euros dans ses réserves

Politique
DirectLCI
BUDGET - Selon un document confidentiel que Le Parisien s’est procuré, les dépenses des députés vont fortement augmenter en 2019. Quelles en sont les causes ? Et comment l’Assemblée nationale va équilibrer ses comptes ?

Alors que de nombreuses mesures d’économies ont été prises depuis 2017 pour réduire le train de vie de l’Assemblée nationale, ses dépenses vont paradoxalement augmenter l’an prochain. Selon Le Parisien, qui a consulté un document confidentiel du Parlement, le Palais Bourbon va devoir puiser 47 millions d’euros dans ses réserves. Plusieurs éléments expliquent cette nécessité. 

Les députés vivent-ils au-dessus de leurs moyens ?

Tout d’abord, l’acquisition de l’hôtel de Broglie pour la bagatelle de 63 millions d’euros. Par ailleurs, des travaux estimés à une vingtaine de millions d’euros vont être effectuer dans cette somptueuse bâtisse afin "d’aménager un ensemble de bureaux et d'espace de travail pour les députés et leurs collaborateurs". Selon l’ancien président de l’Assemblée, François de Rugy, qui a confirmé cet achat fin 2017, cet investissement permettra à terme de faire des économies "en mettant fin à la pratique coûteuse de toute location immobilière".


Les hausses des frais de fonctionnement de l’Assemblée nationale sont aussi en cause. Le document confidentiel consulté par Le Parisien évoque notamment une augmentation des frais de secrétariat, de comptabilité et de déplacements des députés. Les frais de représentation de trois commissions (Affaires Etrangères, Finances et Défense) vont également bondir. Selon la plateforme d’information sur les activités du Parlement, Projet Arcadie, cela s’explique en partie par une charge de travail supérieure des députés.

L’achat massif de matériels informatifs (ordinateur, tablettes, etc.), qui figure dans une colonne fourre-tout intitulée "Autres charges" et dont l'augmentation a bondi de 160%, va aussi alourdir les comptes de l’Assemblée nationale. Une dépense qu’assume Florian Bachelier, le Premier questeur en charge de la préparation du budget. "Ce sont, pour la plupart d’entre elles, des dépenses d’investissement nécessaires à la modernisation de l’Assemblée et à l’efficacité du travail des parlementaires", explique le député LaREM au Parisien. A noter que ces dépenses vont être lissées sur plusieurs années afin d’en amortir le coût.

Le contribuable va-t-il payer ?

La réponse est non. L’Assemblée nationale disposait de trois solutions pour équilibrer ses comptes. Soit diminuer massivement ses investissements, soit demander à l’État d’augmenter sa dotation annuelle, soit puiser dans ses réserves. C’est ce troisième choix qui a été fait. D’autant que ses réserves sont très abondantes. 


Grâce à une gestion rigoureuse, l’Assemblée nationale dispose d’une trésorerie de près de 300 millions d’euros. "Avec 2300 milliards d’euros de dettes, il aurait été choquant qu'on demande à l'Etat une dotation supplémentaires pour financer les investissements à l’Assemblée", a expliqué sur LCI Florian Bachelier. 

Pourquoi le nouveau système de retraites des députés plonge les comptes dans le rouge ?

Comme l’explique le document, c’est avant tout le coût des retraites des députés qui fait mal au budget de l’Assemblée nationale. Estimé à 67,4 millions d’euros en 2017, il va bondir de 11% l’an prochain. Les raisons sont simples : le renouvellement massif de l’Assemblée nationale en juin 2017 et la revalorisation des pensions au 1er janvier 2019.


D’autant que la réforme du système de retraites des parlementaires, votée en novembre 2017, alourdit la facture. En effet, si la baisse des pensions doit permettre de diminuer les dépenses, celle-ci ne concernera que les futurs députés retraités. En revanche, la baisse des cotisations est, elle, bel et bien entrée en vigueur. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter